MONTRÉAL — Le chanteur Leonard Cohen, natif de Montréal, est décédé à l’âge de 82 ans, selon ce qu’annonce Sony Music Canada sur son site web.

Ses funérailles seront célébrées à Los Angeles, où habitait le chanteur et poète. La date sera annoncée ultérieurement, selon ce qui est indiqué sur son site web officiel.

Leonard Cohen a connu une carrière prolifique qui s’est étendue sur six décennies. Son dernier album «You want it darker» est paru le 21 octobre, soit il y a moins d’un mois.

Les chansons de cet écrivain, poète, auteur-compositeur-interprète et séducteur de renom ont été reprises près de 2000 fois et se sont retrouvées sur les trames sonores de films aussi variés que «Shrek» et «Natural Born Killers».

Sa voix grave a déjà été décrite comme «l’équivalent musical du whisky bon marché» et ses textes se penchaient sans relâche sur les thèmes de la spiritualité, du sexe, du pouvoir et de l’amour.

Ses créations ravissaient son public, qui vouait une admiration sans bornes à l’artiste reclus. Ses chansons n’étaient cependant pas du genre à faire danser, certaines s’étirant pendant sept minutes, ce qui a valu à Cohen les surnoms de «parrain de la mélancolie» et «poète du pessimisme», entre autres.

On faisait cependant l’éloge de l’intelligence, l’humilité, la curiosité et la générosité de celui qui a donné des poèmes inédits, des poèmes en chantier, des dessins et du matériel d’archives à un site lui étant consacré.

Celui qui a été récompensé de l’Ordre du Canada en 2003 était aussi reconnu pour son sens de l’humour.

Né à Montréal le 21 septembre 1934, Leonard Cohen a élu domicile à différents endroits au cours de sa vie. Il a passé beaucoup de temps à Los Angeles, où il a souvent enregistré des chansons. Il a aussi été séduit par l’île grecque d’Hydra, où il a acheté une maison pour 1500 $ en 1960 et où il a vécu sans électricité ni eau courante.

Il est aussi demeuré dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles pendant cinq ans, en plus de venir faire un tour à Montréal de temps à autres.

Mais celui qui a été intronisé au Temple de la renommée du rock en 2009 ne peut identifier un lieu en particulier qui aiguise sa créativité.

«Si je savais d’où viennent les chansons, je m’y rendrais plus souvent», avait-il déclaré à La Presse Canadienne en 1992.

«Certains écrivent des chansons sur la banquette arrière d’un taxi, mais je dois mettre beaucoup de temps à écrire et à réécrire avant d’arriver à un résultat sur lequel je pourrai mettre ma voix.»

Leonard Cohen est né à Montréal le 21 septembre 1934, dans une famille de la classe moyenne. Son père, qui a tenu une boutique de vêtements, est mort lorsqu’il avait neuf ans.

Cohen a étudié à la même école secondaire qu’une autre légende canadienne — le poète Irving Layton — et, après avoir appris à jouer de la guitare, il a formé un groupe country baptisé The Buckskin Boys.

Il a par la suite entrepris des études universitaires à McGill. Il a songé à choisir une carrière dans le domaine judiciaire, étudiant le droit pendant un an après avoir obtenu son baccalauréat. Il est également allé à l’Université Columbia pendant une autre année. L’appel de la littérature a cependant été plus fort que tout.

Son premier livre de poésie, «Let Us Compare Mythologies», a été publié en 1956. «Flowers for Hitler» et les romans «The Favourite Game» et «Beautiful Losers» ont suivi dans les années 1960.

À 32 ans, Cohen s’est cependant aperçu qu’écrire des chansons pourrait se révéler plus payant pour lui.

Son premier succès est survenu en 1966, lorsque Judy Collins a enregistré sa pièce «Suzanne» et qu’il a lancé son premier album, «Songs of Leonard Cohen».

A suivi «Songs from a Room», en 1969, qui contenait la populaire chanson «Bird on a Wire». Sa cote de popularité a ensuite baissé, pendant la période disco des années 1970. Mais Leonard Cohen a entrepris de faire un retour, en 1984, avec «Various Positions», qui contenait un autre succès, «Hallelujah».

L’album hommage de Jennifer Warnes, «Famous Blue Raincoat», lancé en 1987, a contribué à relancer la carrière de Cohen, un retour qui s’est accéléré avec le lancement de son prochain album, «I’m Your Man», l’année suivante.

«The Future», son 11e album, est paru en 1992 et a permis à une nouvelle génération de mélomanes de découvrir l’auteur-compositeur-interprète.

La vie personnelle de Cohen a cependant pris un tournant négatif. Sa vie amoureuse était un désastre, sa santé s’était détériorée et les rumeurs voulaient qu’il consomme quatre bouteilles de vin par jour pour se calmer.

C’est à ce moment qu’il est entré dans un monastère, non pas par conviction religieuse, mais pour mettre de l’ordre dans le chaos de sa vie personnelle.

Bien que cette expérience l’ait possiblement rendu plus fort, Leonard Cohen n’était pas au bout de ses peines. Des problèmes financiers l’ont forcé à donner une série de concerts autour du monde en 2009. Au cours de l’un de ces spectacles, en Espagne, il s’est effondré sur scène. Il a repris la tournée après sa sortie de l’hôpital.

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