Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Francois Legault.

DRUMMONDVILLE, Qc — «Fier d’être Canadien», le chef caquiste François Legault croit qu’il pourra augmenter ses appuis chez les anglophones grâce à sa prise de position pour le maintien du Québec dans le Canada.

Tout en rejetant l’étiquette de fédéraliste, M. Legault a lancé un appel aux anglophones, dimanche, afin qu’ils cessent de voter pour les libéraux, qui tiennent leur vote pour acquis.

Au cours de la fin de semaine, les militants de la Coalition avenir Québec (CAQ), réunis en congrès, ont adopté l’article 1 de leur constitution, qui prône le maintien du Québec dans le Canada, a souligné le chef caquiste en conférence de presse.

«Je pense que ça peut aider à augmenter le vote allophone et anglophone de dire que notre projet est à l’intérieur du Canada», a-t-il dit.

En rencontrant la presse à la fin du congrès, M. Legault a déclaré qu’il ne craint pas d’effrayer les anglophones en refusant de se présenter comme fédéraliste.

«Non, je ne pense pas, a-t-il dit. À partir du moment où on dit ‘à l’intérieur du Canada’ et qu’en plus l’année prochaine, on va déposer un projet économique important avec les autres provinces, je pense que ça devrait rassurer tout le monde.»

M. Legault mise également sur ses propositions en matière d’économie et d’éducation pour rassurer les électeurs anglophones ou allophones qui craindraient ses positions sur l’immigration et la langue française.

«Défendre la langue et les valeurs, je ne pense pas que ce soit en opposition avec ce que souhaitent les membres des communautés et même les gens de la communauté anglophone», a-t-il dit.

M. Legault a toutefois proclamé sa fierté d’être Canadien, une déclaration qui, pour son entourage, n’était pas la première.

«Je pense qu’on peut être fier de comment ils réussissent économiquement, a-t-il dit. Je suis fier d’être Canadien, je suis fier de ce qu’on a construit et le Canada a commencé ici, donc ça a commencé à Québec. (…) Le Canada c’est des Français qui étaient là au début.»

Tout en maintenant que le fédéralisme canadien présente d’abord des avantages économiques, M. Legault s’est montré satisfait du partage des dépenses militaires que le système permet.

«Si on partage les coûts, il y a des économies d’échelle à faire», a-t-il dit.

Samedi, lors du congrès, le leader parlementaire François Bonnardel avait dû rappeler aux militants que le bilinguisme était accepté dans les débats de la formation politique.

Cette intervention avait été rendue nécessaire quand un militant a été invectivé après avoir posé une question en anglais dans la salle où se tenait l’événement, dans un centre de congrès de Drummondville.

Les statuts de la CAQ précisent que les membres peuvent obtenir des services en anglais de la permanence du parti mais dimanche M. Legault a exclu toute modification au texte concernant la place de l’anglais dans les instances du parti comme les congrès ou conseils généraux.

«Le français, c’est la langue commune, par contre un militant qui veut poser une question en anglais, on n’a pas de problème avec ça», a-t-il dit.

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