Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

Le résultat des élections américaines de la semaine dernière laisse présager «une nouvelle occasion» d’attirer des investisseurs au Canada, estime l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

Selon lui, le Canada pourra se démarquer encore plus sur la scène commerciale internationale qu’avant l’élection de Donald Trump, a soutenu Jean Charest lors d’une apparition à l’émission de télévision «Question Period» de CTV.

L’avocat et ex-premier ministre a laissé entendre que les États-Unis risquent de s’isoler sur eux-mêmes si le nouveau président va de l’avant avec certaines de ses promesses électorales, notamment celles qui touchent la lutte aux changements climatiques et le secteur de l’énergie.

Dans un tel contexte, le Canada deviendrait de facto «une piste d’atterrissage» pour les pays qui envisagent de brasser des affaires en Amérique du Nord, juge M. Charest. Ce sera tout particulièrement le cas pour l’Union européenne, qui vient de signer un accord de libre-échange avec le gouvernement de Justin Trudeau, a-t-il ajouté.

Certaines politiques proposées par Donald Trump pourraient toutefois, sur le court terme, ébranler la compétitivité du Canada «si elles s’accompagnent de coûts supplémentaires pour l’industrie», a reconnu M. Charest. L’avocat a notamment cité à l’exemple l’intention du républicain de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur les changements climatiques et celle de réduire les taxes sur les impôts des sociétés américaines.

Les actions que posera réellement le président désigné une fois qu’il entrera formellement en fonction, en janvier, demeurent toutefois nébuleuses. Son choix de nommer le climatosceptique Myron Ebell responsable de l’Agence pour la protection de l’environnement au sein de son équipe de transition envoie à tout le moins un signal fort.

Le premier ministre Justin Trudeau a assuré que le Canada maintiendra ses cibles environnementales coûte que coûte — notamment quant à la mise en application d’un prix national sur le carbone.

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne a pour sa part fait savoir que la province suivra son plan de mise en place d’un système de plafonnement et d’échange des émissions de carbone malgré les changements qui s’annoncent au sud de sa frontière.

«Nous devrons attendre pour voir ce qui se produira réellement, mais ce que je sais, c’est que (…) si des pays partout dans le monde mettent un prix sur le carbone (…) dans un futur proche, nous devrons être aussi concurrentiels qu’eux», a-t-elle soutenu en entrevue à la CTV.

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