Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, jure que «jamais» il ne félicitera le président désigné des États-Unis, Donald Trump, pour sa victoire électorale.

Le vainqueur de la présidentielle américaine a eu droit aux félicitations du premier ministre canadien Justin Trudeau et de la leader intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose.

Le chef néo-démocrate ne lui a pas tiré son chapeau. Et ce n’était pas un oubli, a-t-il signalé lundi en point de presse dans le foyer des Communes.

«Moi, je ne l’ai jamais félicité et je ne le ferai jamais», a tranché Thomas Mulcair.

Il a reproché au premier ministre Trudeau d’avoir adressé ses félicitations au magnat de l’immobilier en le «suppliant» par la suite d’effectuer une visite au Canada dès que possible.

«Il faut regarder ce qu’on a en face de nous avec Donald Trump. Il a nommé un suprémaciste blanc comme principal conseiller à la Maison-Blanche», a-t-il lâché en faisant référence à l’embauche à ce poste de Stephen Bannon, patron d’un site d’informations ultraconservateur.

Le leader néo-démocrate n’est pas allé jusqu’à dire qu’il s’opposait à une visite officielle de Donald Trump en sol canadien.

Mais selon lui, un homme «qui s’est vanté de s’être livré à des agressions sexuelles» et qui «nie l’égalité des gens sur la base de leur langue, leur religion, leur ethnicité» n’est «pas le bienvenu» au pays.

Ceci étant, il faut se demander si «dans un pays civilisé où on reconnaît des droits à tous et chacun», on doit «plier l’échine» ou «faire de l’aplaventrisme devant cette tendance d’extrême droite», a insisté M. Mulcair.

Au Bloc québécois, on n’a pas non plus transmis de félicitations à celui qui deviendra le 20 janvier prochain le 45e président des États-Unis — et on n’a pas l’intention de le faire. Le Bloc prend simplement acte de son élection.

«On respecte le choix démocratique qui a été fait par les Américains, et on va travailler avec lui», s’est contenté de déclarer Mathieu St-Amand, l’attaché de presse du chef de la formation politique, Rhéal Fortin.

Le premier ministre Trudeau s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump mercredi dernier, quelques heures après la victoire du candidat républicain sur sa rivale démocrate, Hillary Clinton.

Au cours de la conversation, il a invité le président désigné à visiter le Canada «à la première occasion», d’après un résumé de l’entretien transmis par le bureau du premier ministre.

En décembre dernier, Thomas Mulcair avait affirmé que M. Trump, qui venait de proposer d’interdire aux musulmans l’entrée aux États-Unis, devrait être interdit de séjour en sol canadien.

«Comme Canadien, moi je dis que quelqu’un qui propage la haine contre les gens sur la base de leur religion devrait être exclu du Canada, avait-il alors soutenu. Alors on devrait s’assurer que Donald Trump ne mette pas les pieds au Canada.»

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