Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

L’Assemblée nationale a rendu hommage, mardi, au dernier des députés élus le 15 novembre 1976 toujours en poste.

François Gendron, qui a conservé le siège d’Abitibi-Ouest à 11 reprises, fêtait en effet son 40e anniversaire de vie parlementaire.

Élu dans la vague péquiste qui avait donné 71 sièges à René Lévesque sur les 110 que comptait alors l’Assemblée nationale, François Gendron a occupé une dizaine de postes ministériels, a été vice-premier ministre du Québec, chef intérimaire du Parti québécois et président de l’Assemblée nationale.

Cependant, M. Gendron a surtout insisté sur le rôle qu’il occupe actuellement, c’est-à-dire celui de simple député.

«On a tous ici le même mandat: on est tous d’abord et avant tout des ‘députés de’; le député de, la députée de. Il ne faudrait jamais l’oublier.»

Cette réalité avait d’abord été soulignée par son chef, Jean-François Lisée, qui avait déposé une motion pour souligner cet anniversaire: «Depuis 40 ans, François Gendron honore la fonction de député, lui donne ses lettres de noblesse et, comme l’étoile du Nord, nous guide le chemin vers le service public, le service de la nation.»

M. Lisée, qui venait de désigner son député «l’étalon or de la longévité en politique québécoise», a rappelé que cet état invitait tout politicien à la réflexion.

«Les chefs du Parti québécois passent; les premiers ministres passent; François Gendron reste. Il y a là une grande leçon pour chacun d’entre nous.»

Prenant la parole pour le Parti libéral, le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis a souligné que M. Gendron détient un record pancanadien, étant le seul à avoir «siégé pendant 40 années consécutives dans un parlement d’une législature provinciale ou territoriale au Canada.»

M. Paradis a souligné la simplicité, l’accessibilité, les convictions et «la droiture» du député, lui souhaitant «de demeurer le député modèle d’Abitibi-Ouest au moins jusqu’à la prochaine élection d’octobre 2018.»

Pour sa part, le chef caquiste François Legault s’est notamment rappelé une tournée qu’il avait faite à l’époque où il était lui-même au PQ, avec François Gendron, dans le comté de ce dernier.

Après avoir constaté que la trace des efforts de M. Gendron pour doter les communautés de diverses infrastructures était partout sur le territoire, M. Legault a dit avoir compris «pourquoi ses citoyens sont si attachés à lui.»

François Legault a aussi mentionné que c’est François Gendron qui lui avait conseillé d’encourager ses fils à venir étudier à l’Université Laval, à Québec, afin de pouvoir être près d’eux.

Le côté humain et empathique de M. Gendron a aussi été l’un des thèmes centraux de l’hommage de la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, qui a souligné «son immense gentillesse, sa collégialité, sa capacité de travailler avec les gens.»

Mme David, qui a salué l’engagement du député malgré l’éloignement de sa circonscription qui lui a toujours imposé une contrainte de voyagement considérable, a mentionné que M. Gendron lui avait donné des conseils à son arrivée dans l’arène politique: «Je ne l’ai jamais oublié», a-t-elle dit.

Le principal intéressé n’a pas manqué de rappeler que son élection en 1976 s’inscrivait dans un moment charnière de l’histoire québécoise et a déploré que la mémoire se transmette difficilement.

«Il n’est pas normal que nos jeunes et bien du monde n’en savent pas plus» sur cette élection où «une équipe d’hommes et de femmes extraordinaires, dédiés, scolarisés, ont procédé à une deuxième révolution tranquille.»

Il a longuement remercié les électeurs d’Abitibi-Ouest pour leur «indéfectible loyauté démontrée à 11 reprises», s’étonnant même de sa constance: «J’aurais dû moi aussi passer dans la moulinette de cinq ou six autres sanctions électorales.»

Il a terminé son allocution sous les applaudissements nourris des parlementaires et membres de sa famille, qui se trouvaient dans la galerie des visiteurs, en laissant entendre qu’il n’était pas encore arrivé au bout de la route.

«C’est pas fini. Vous n’avez pas idée de tout ce que je ne vous dis pas aujourd’hui parce que je le réserve pour mon 45e anniversaire!», a-t-il lancé.

Un 45e anniversaire serait célébré en 2021, mais puisque les prochaines élections auront lieu en 2018, cela voudrait dire qu’il a l’intention de solliciter un 12e mandat, bien qu’il ne l’ait pas annoncé officiellement.

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