FRED CHARTRAND FRED CHARTRAND / La Presse Canadienne

OTTAWA — Même si les soldats canadiens sont sur la ligne de front en Irak et qu’ils ont la «flexibilité» de tirer les premiers pour «défendre» tant «leurs alliés que les civils», ils ne sont pas en mission de combat, insiste le gouvernement libéral.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et le chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance, ont tous deux reconnu, mardi, qu’il arrive aux membres des Forces armées canadiennes impliqués dans la lutte contre Daech (le groupe armé État islamique) de dégainer en premier.

Et oui, «dans plusieurs situations, ils doivent non seulement se défendre eux-mêmes, mais aussi leurs partenaires de la coalition et les civils», a offert en Chambre le ministre Sajjan en réponse à une question du député conservateur Pierre Paul-Hus.

Mais le ministre de la Défense refuse toujours de parler d’une mission de combat, plaidant que les soldats stationnés en Irak y sont pour former, assister et conseiller les forces de sécurité irakiennes dans la planification d’opérations militaires contre les djihadistes.

Pour les partis de l’opposition, en jouant ainsi sur les mots, le gouvernement de Justin Trudeau induit la population canadienne en erreur. Car il devient selon eux de plus en plus évident que les troupes canadiennes sont engagées dans une mission de combat.

«Nous savons très bien que les soldats sont sur le terrain (…) L’important pour nous, c’est de savoir, de la part du gouvernement, si les soldats canadiens participent aux combats de quelque façon que ce soit. Les Canadiens doivent savoir», a lancé M. Paul-Hus en Chambre.

Un peu plus tôt, en comité parlementaire, le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, affirmait lui aussi que les troupes canadiennes avaient parfois dû ouvrir le feu en premier sur des combattants de Daech.

«Nous avons le droit de gérer ainsi une menace qui émerge et qui mettrait en péril ceux avec qui nous travaillons, ou nous-même, si nous ne le faisions pas», a-t-il dit en mêlée de presse après la réunion du comité, mardi.

Pour le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, «tout le monde est capable» de décoder clairement les «demi-vérités» et les «propos ambigus» du général Vance et les «esquives» du gouvernement de Justin Trudeau.

«Quand vous avez des soldats sur la ligne de feu en train de tirer en premier, vous êtes dans une mission de combat par définition. Ils peuvent essayer de nous dire, bien, il s’agit d’une stratégie robuste pour répliquer — non, non, on est dans une mission de combat», a-t-il tranché.

Les libéraux ont fait campagne en promettant de mettre fin à la mission de combat du Canada en Irak. En février dernier, ils ont annoncé une «nouvelle approche» passant notamment par le retrait des six chasseurs CF-18 qui avaient été envoyés par le précédent gouvernement conservateur.

Le gouvernement libéral et le général Vance n’ont cependant jamais prétendu que cela ferait baisser le niveau de dangerosité de la mission canadienne, bien au contraire.

«Il est juste de conclure que le niveau de risque augmentera. Nous déployons davantage de gens sur le terrain. Le premier ministre a été clair: c’est dangereux, c’est un endroit dangereux. Nous ne le nions pas», avait concédé en février le chef d’état-major de la défense.

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