©TC Media Pierre Langevin Alicyah Laberge compte vivre la vie qu’elle a toujours désirée.

Changer de sexe n’est pas une chose commune. Toutefois, c’est la transition que subit actuellement Alicyah Laberge, 20 ans. Née dans un corps masculin, la jeune femme a commencé un processus qui la rend heureuse.

Afin de pouvoir vivre selon ses convictions et de réaliser la transition qui fera d’elle une femme physiquement, la résidente de Salaberry-de-Valleyfield a en premier lieu consulté une sexologue. «C’est une étape obligatoire, admet-elle. Après, j’ai changé mon prénom. Je suis passée de Nicholas à Alicyah. Je devrais avoir les documents légaux d’ici le mois de décembre.»

Comme Alicyah Laberge désire une transition dite complète, à la suite de ses rencontres avec la sexologue, elle a débuté la prise d’hormones. Les conséquences reliées à la prise de ce médicament sont, une diminution de la grosseur des testicules, la perte de la masse et du volume musculaires, le développement des seins et des mamelons, une diminution de la pilosité corporelle, la redistribution des graisses dans le corps (notamment au niveau de cuisses, du bassin, des hanches, des seins, des bras) vers un modèle plus «féminin», l’adoucissement et l’amincissement de la peau (surtout sur le visage) et un arrêt ou un ralentissement de la calvitie chez l’homme.

«Ça ne fait que trois mois que je prends des hormones et je vois déjà une différence, assure Alicyah. Je dois poursuivre mon traitement hormonal pendant encore 9 mois avant de pouvoir prendre mon rendez-vous pour ma chirurgie.» 

Lorsqu’elle parle de sa chirurgie, la jeune femme de 20 ans fait allusion à l’ablation de son pénis. «L’opération aura lieu à Montréal, mais je n’ai pas encore la date précise. C’est un processus à suivre. Je dois y aller une étape à la fois.»

Payer pour être dans le bon corps
Alicyah Laberge ignore pour l’instant si elle aura recours à d’autres chirurgies afin de bien compléter sa transition. «Je sais qu’advenant que ma poitrine soit trop petite, je pourrais la faire augmenter. On verra ce que j’aurai l’air physiquement après avoir pris des hormones pendant deux ans. Pour ce qui est du visage, j’ai déjà des traits féminins donc ça devrait aller. Pour la barbe, je vais à des séances laser et les hormones aident également beaucoup à réduire la pilosité.»   

En plus de vivre un grand changement, autant sur le plan physique que mental, Alicyah doit investir une somme considérable dans sa transition. La Régie de l’Assurance maladie du Québec ne défraie que le coût de l’opération pour l’ablation des parties génitales. «J’ai payé à l’État civil afin de changer mon prénom. Je paie aussi pour les séances laser, les hormones, les lettres de recommandation du spécialiste et les autres frais. Si je choisissais d’opter pour une augmentation mammaire, c’est moi qui assumerais la facture et les autres chirurgies comme le visage et les bras, car c’est de nature esthétique.»  

À la suite de sa transition, un autre processus pourrait s’enclencher dans les prochaines années pour Alicyah Laberge. Lorsqu’elle rencontrera l’élu de son cœur, elle aimerait bien fonder une famille. «Je devrai avoir recours soit à une mère porteuse ou passer par l’adoption. Une chose est certaine, en tant que femme, je veux avoir des enfants», conclut Mlle Laberge. 

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