Josie Desmarais/Métro Les locaux occupés par des entités gouvernementales au 500 René-Lévesque Ouest coûtent plus de 14 M$ par an en baux.

Le ministère des Finances a indiqué mercredi que tous les baux de la Société québécoises des infrastructures (SQI) seraient analysés.

Cette mission de vérification a été confiée à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, qui analysera l’écart entre les prix du marché et celui des quelque 960 baux de la SQI. «Les clauses particulières incluses dans les baux seront analysées afin de s’assurer qu’elles sont justifiées», a également précisé l’attachée de presse du ministre des Finances Carlos Leitão à TC Media.

De plus, la vérificatrice générale (VG), Guylaine Leclerc, sera saisie de la question des baux signés par la Société immobilière du Québec (SIQ) [NDLR: ancienne SQI], entre 2003 et 2012. Le gouvernement a décidé d’appuyer une proposition en ce sens déposée par la Coalition Avenir Québec (CAQ) à l’Assemblée nationale mercredi, alors qu’il avait refusé une proposition similaire déposée par le Parti québécois (PQ) la semaine dernière.

«Les faits allégués, qui sont très troublants, se sont passés il y a 10, 15 ans, et nous voulons aller au fond des choses», a soutenu M. Leitão en chambre.

Le mois dernier, l’émission Enquête a révélé que des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) avaient reçu d’importantes sommes d’argent dans le cadre de renouvellements de baux pour des organismes gouvernementaux dans des édifices appartenant à Georges Gantcheff, et à la suite de vente d’édifices gouvernementaux.

Après avoir déposé mardi une liste de 21 baux toujours en vigueur dans des immeubles de M. Gantcheff pour lesquelles le gouvernement paie 26M$ annuellement, le chef de la CAQ, François Legault, en a remis mercredi en présentant une analyse faite par son parti. «La CAQ a analysé un bail sur 21 et on constate que le ministère des Transports a payé une facture de 12% plus élevée que le prix du marché, a souligné M. Legault. Ça représente un demi-million de dollars qu’on paie de trop par année. Ça signifie que le gouvernement paie possiblement des millions en trop par année sur ces loyers.»

Celui-ci a donc demandé au ministre que les gestionnaires de la SQI prennent des actions immédiatement. Le ministre a rappelé, comme il l’avait fait mardi que les baux problématiques avaient été inspectés par une firme comptable en 2012. «La SQI, aujourd’hui, est très bien au courant de ce qu’il faut faire et exactement où il faut aller, mais il y a, en même temps, une investigation policière qui peut mener à des poursuites», a-t-il répondu.

Les baux déjà inspectés en 2012 seront revérifiés dans le cadre de la nouvelle analyse, a indiqué le cabinet du ministre.

De son côté, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) juge qu’une analyse de la VG sur la SQI est insuffisante. «Cela mériterait une commission d’enquête», a assuré le président du SPGQ, Richard Perron, par voie de communiqué.

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