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MONTRÉAL — Sans vouloir remettre en cause le travail d’enquête des policiers de Montréal ou celui du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans le cas précis des dénonciations à Val-d’Or, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) affirme que le problème est beaucoup plus large et exige une enquête indépendante.

Le DPCP doit annoncer vendredi sa décision concernant les allégations d’agressions sexuelles de femmes autochtones de Val-d’Or visant des policiers de la Sûreté du Québec (SQ). Mais plusieurs médias ont indiqué mardi qu’aucune accusation ne serait portée contre les policiers visés par les allégations des plaignantes.

La plupart des faits allégués concernent des policiers de la SQ à Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. Plusieurs femmes autochtones de cette ville avaient dénoncé à Radio-Canada, il y a un peu plus d’un an, des violences et agressions sexuelles dont elles disent avoir été victimes.

Six agents de la SQ avaient été suspendus après la diffusion du reportage-choc de l’émission «Enquête».

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a alors été chargé d’enquêter sur ces cas présumés à Val-d’Or, mandat par la suite élargi à toute allégation d’agression sexuelle contre des Autochtones qui aurait été commise ailleurs au Québec par des agents d’un corps policier autre que le SPVM. Les procureurs du DPCP ont indiqué par communiqué, lundi, qu’ils avaient terminé l’analyse des 37 dossiers transmis par le SPVM.

Or, «quelles que soient les conclusions du DPCP», l’APNQL demande qu’un budget d’urgence soit immédiatement mis à la disposition des communautés «pour offrir des services de première ligne et assurer un filet de sécurité» aux femmes et à leur famille.

Le chef Ghislain Picard rappelle aussi, mercredi, que l’APNQL réclame du gouvernement Couillard, «depuis plus d’une année maintenant et sans résultat, qu’il ait le courage de mettre sur pied une enquête indépendante sur tous les aspects des relations entre les services policiers et les Premières Nations».

«Le gouvernement Couillard refuse de faire face à ses responsabilités, la majorité des services policiers étant sous son autorité, et a plutôt choisi de se cacher derrière l’enquête policière menée par le SPVM», déplore le chef Picard. «Autre prétexte: il (le gouvernement Couillard) souhaite également attendre, avant de prendre ses propres responsabilités, les résultats de l’enquête déclenchée par le gouvernement fédéral sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées — soit dans deux ou trois ans!

«Des délais bien commodes pour le gouvernement Couillard, mais pas pour nos femmes des Premières Nations», affirme M. Picard. «Nos femmes ne doivent pas être réduites au silence, intimidées ou découragées par les résultats à date des démarches qu’elles ont eu le courage d’entreprendre. C’est le début, et non la fin, d’une marche pour obtenir justice, et nous l’obtiendrons.»

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