Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

TORONTO — On savait déjà que les jeunes Canadiens ne sont pas aussi actifs qu’ils le devraient. On apprend maintenant qu’ils sont parmi les derniers de classe si on les compare aux jeunes de 37 autres pays.

En juin dernier, dans son Bulletin annuel de l’activité physique chez les jeunes, l’organisme ParticipAction a attribué aux jeunes Canadiens, pour la quatrième année consécutive, la note de D- pour l’«activité physique générale». Les chercheurs ont ainsi déterminé que seulement neuf pour cent des jeunes de 5 à 17 ans s’adonnaient chaque jour à au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée, tel que recommandé.

Or, une nouvelle étude de ParticipAction compare ces résultats canadiens avec ceux de 37 autres pays. Le Canada se classe en général dans le peloton de queue, en compagnie d’autres pays industrialisés comme l’Australie, le Royaume-Uni, l’Espagne et les États-Unis.

En Slovénie, premier de classe avec la note de A-, 86 pour cent des garçons et 76 pour cent des filles passent le test de l’«activité physique générale»; au Canada, on le rappelle, c’est neuf pour cent.

Le docteur Mark Tremblay, conseiller scientifique en chef pour le bulletin canadien de ParticipAction, explique qu’il s’agit d’un choix de société: il déplore notamment que les jeunes passent beaucoup de temps devant un écran et n’aillent plus «jouer dehors».

Le Canada partage une note de D ou moins avec 26 autres pays; la Belgique, le Chili, la Chine, le Qatar et l’Écosse sont dans le bas du classement, avec une note de F.

On remarque que les pays plus industrialisés ont tendance à se classer moins bien que les pays en développement. Ainsi, le Kenya, le Mozambique et le Nigéria obtiennent la note de C, le Brésil et l’Inde la note de C+.

Le docteur Tremblay suggère que ces pays ont peut-être intégré davantage l’activité physique dans leur culture et leur quotidien. «Il y a un point qui fait l’unanimité parmi tous (ces) pays : l’activité physique est orientée par des normes culturelles omniprésentes qui incitent les jeunes à bouger. Ainsi, être actif n’est pas seulement un choix, mais bien un mode de vie», explique-t-il.

Quant à l’argument des «rigueurs de l’hiver canadien», le chercheur y voit plutôt une belle excuse. «Il se peut que les Canadiens ne soient plus aussi endurants que par le passé, ou autant que les Finlandais, ou les Suédois, ou les Danois», rappelle avec une pointe d’ironie le docteur Tremblay, directeur du Groupe de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Le Canada obtient une note de F en Comportement sédentaire, D- en Activité physique générale, D en Transport actif, D+ en Jeu actif, B- en Stratégies et investissements gouvernementaux, B pour les Écoles et A- pour la Communauté et l’Environnement.

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