THE CANADIAN PRESS Des comprimés de Fentanyl.

TORONTO — Une étude récente révèle que 13 Canadiens ont été hospitalisés chaque jour pour une intoxication à des médicaments antidouleur comme l’oxycodone ou la morphine en 2014-2015.

Le rapport du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et de l’Institut canadien d’information sur la santé indique par ailleurs que le taux d’hospitalisation attribuable à une intoxication aux opioïdes a augmenté de plus de 30 pour cent au Canada en sept ans (entre 2007-2008 et 2014-2015).

La moitié de ces hospitalisations en 2014-2015 étaient attribuables à une intoxication accidentelle aux opioïdes, alors que dans un tiers des cas, il s’agissait plutôt d’une surdose intentionnelle.

Entre 2007-2008 et 2014-2015, les taux d’hospitalisation ont augmenté pour tous les groupes d’âge, bien que l’augmentation la plus importante (62 pour cent) ait été observée chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, révèle l’étude. Dans plus de la moitié des cas, l’intoxication chez les jeunes était «délibérée et constituait un acte autodestructeur».

Les taux d’hospitalisations variaient selon la province et le territoire en 2014-2015, allant de 21 cas par 100 000 habitants en Saskatchewan à 10 cas par 100 000 habitants au Québec.

Mais le rapport signale aussi que les personnes âgées (65 ans et plus) présentaient — de façon constante — le taux le plus élevé d’intoxication aux opioïdes nécessitant une hospitalisation, à près de 25 pour cent. La plupart de ces intoxications étaient par contre accidentelles.

«Quand il est question de surdoses, on ne pense pas systématiquement aux personnes âgées», affirme Brent Diverty, vice-président, Programmes, à l’Institut canadien d’information sur la santé. «Les Canadiens seront donc peut-être étonnés d’apprendre que, depuis les huit dernières années, ce groupe d’âge affiche le taux d’hospitalisations le plus élevé pour une intoxication aux opioïdes.»

Les chercheurs soulignent que les personnes âgées présentent un plus grand risque en raison du nombre de médicaments qu’elles consomment, de la prévalence de certaines maladies chroniques et des changements physiologiques liés à l’âge. D’où l’importance, selon le rapport, «d’élaborer et de suivre des lignes directrices plus sécuritaires en matière de prescription d’opioïdes aux personnes âgées».

L’étude révèle aussi qu’en 2014-2015, la durée moyenne d’hospitalisation attribuable à une intoxication aux opioïdes était de huit jours, comparativement à cinq jours pour un patient victime d’une crise cardiaque.

«Bien que ces chiffres soient inquiétants, ils constituent probablement une sous-estimation de ce problème, puisque les surdoses qui n’ont pas été traitées à l’hôpital ou dans un contexte d’urgence ne sont pas comprises dans ces chiffres», rappelle par ailleurs Rho Martin, première dirigeante adjointe au Centre canadien de lutte contre les toxicomanies.

«En plus de contribuer à l’élaboration d’interventions ciblées efficaces, les résultats de ce rapport diminueront également la stigmatisation entourant la consommation d’opioïdes et la dépendance», poursuit Mme Martin. «Effectivement, les données nous indiquent clairement que les personnes qui subissent un préjudice lié aux opioïdes sont nos parents, nos grands-parents, nos collègues, nos voisins et nos jeunes adultes.»

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