MARRAKECH, Maroc — Une jeune Inuite a pris la parole mercredi pour le Canada à la COP22, la Conférence des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques à Marrakech, au Maroc.

Maatalii Okalik s’est adressé au parterre de diplomates, de chefs d’État et de gouvernement pour la déclaration officielle du Canada à la plénière de cette conférence internationale, au côté de la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna. Incidemment, leurs discours ont été prononcés en anglais et aussi en inuktitut, mais sans un mot de français.

La ministre en a par ailleurs profité pour annoncer une enveloppe de près de 1,8 milliard $ du Canada aider l’entreprise privée appuyer les pays en développement dans leurs efforts pour réduire l’empreinte du carbone dans leur économie.

«J’ai espoir qu’avec votre leadership vous allez définir notre avenir, en collaboration avec les peuples autochtones (…)», a déclaré Maatalii Okalik , qui est présidente de la National Inuit Youth Council.

«Notre avenir collectif en dépend», a-t-elle affirmé au terme de son allocution, avant d’être applaudie.

La ministre Catherine McKenna a présenté Mme Okalik comme une «jeune leader incroyable de l’Arctique canadien et une voix forte de la jeunesse inuite», à qui il était particulièrement pertinent de donner la parole en cette Journée internationale des femmes autochtones.

L’enveloppe de 1,8 milliard $ annoncée fait partie d’un financement de 2,65 milliards $ déjà prévu par le Canada pour aider les pays à s’adapter et résister aux changements climatiques, ainsi que pour les aider à faire la transition vers une économie propre.

Dans son discours, la ministre a invité la communauté internationale à «poursuivre le momentum des années précédentes», après l’accord «historique» obtenu à Paris l’an dernier, qui vise à réduire les gaz à effet de serre (GES) en vue de limiter la hausse moyenne de la température sur la planète à au plus 2 degrés Celsius d’ici à 2050.

C’est un «momentum irréversible», a-t-elle soutenu _ un message qui a un écho ici, à la suite de la douche froide qu’a jetée l’élection la semaine dernière de Donald Trump, un climatosceptique virulent qui veut retirer les États-Unis de l’accord de Paris.

Cet accord a selon elle lancé un «signal aux marchés» d’agir maintenant, puisque cela donne un avantage concurrentiel, et d’investir dans un avenir plus propre. La transition vers la «décarbonisation» de l’économie est maintenant entamée pour de bon.

«L’économie mondiale est passée à une croissance plus propre et soutenable», a-t-elle assuré.

Elle a par ailleurs fait état des gestes qu’a posés le gouvernement Trudeau pour une économie plus propre, comme l’imposition de la tarification du carbone à toutes les provinces et tous les territoires d’ici 2018.

Le Québec a déjà un système de bourse du carbone en place, l’Ontario va s’y joindre en janvier, tandis que la Colombie-Britannique a mis en place une taxe sur le carbone.

Le Canada a comme cible la réduction, d’ici à 2030, de 30 pour cent des émissions de GES par rapport au niveau de 2005. Le gouvernement Trudeau a ainsi conservé l’objectif qu’avait élaboré le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Rappelons que la COP22 vise à mettre en oeuvre l’accord de Paris. Les pays devront convenir des outils de mise en oeuvre des engagements et des méthodes de comptabilisation des GES.

Convenu lors de la COP21, l’accord de Paris sur les changements climatiques est devenu une loi internationale le vendredi 4 novembre.

À ce jour, plus d’une centaines de pays générant plus de deux tiers des émissions de GES de la planète ont entériné cette entente. D’autres pays devraient s’y joindre au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

L’accord de Paris prévoit notamment à partir de 2020 un financement minimal de 100 milliards $ US par an des pays développés pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques, avec des mécanismes de révision à la hausse. Un nouvel objectif chiffré sera annoncé avant 2025.

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