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Les Producteurs de lait du Québec demandent au gouvernement Trudeau de se «tenir debout» et d’exclure la gestion de l’offre d’une éventuelle renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec l’administration Trump.

Leur président, Bruno Letendre, craint que le système régissant les productions de lait, d’oeufs et de volailles fasse l’objet de nouvelles brèches si le Canada désire réaliser certaines avancées, notamment dans le dossier des exportations de bois d’oeuvre.

«Est-ce que le gouvernement canadien va permettre l’entrée de tonnes de lait pour mettre le bois d’oeuvre dans l’ALÉNA? On ne le sait pas», a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique, jeudi, en marge de l’assemblée générale spéciale qui se tenait à Québec.

Se disant en faveur du libre-échange, M. Letendre a toutefois rappelé que la filière agroalimentaire québécoise se trouvait du côté des perdants de l’Accord économique commercial et global (AÉCG) conclu avec l’Union européenne (UE) et du Partenariat transpacifique (PTP), même si l’élection du républicain Donald Trump aux États-Unis pourrait reléguer ce traité aux calendes grecques.

À son avis, cela démontre les difficultés du gouvernement canadien à protéger le système de la gestion de l’offre.

«L’histoire nous a montré que le Canada, des fois, a de la difficulté à se tenir debout, a dit M. Letendre. En tout cas, il ne l’a pas fait pour nous en Europe et dans le dossier du PTP.»

Ouvert à l’idée de renégocier l’ALÉNA, le gouvernement Trudeau pourrait devoir entamer les pourparlers rapidement, puisqu’une note obtenue par le réseau américain CNN indique que cet accord figure parmi les cinq priorités que souhaite aborder le 45e président des États-Unis dans ses 200 premiers jours au pouvoir.

À l’instar du gouvernement Couillard, les producteurs laitiers demandent à Ottawa de bonifier son enveloppe de 350 millions $ visant à aider les transformateurs laitiers à composer avec les impacts découlant de l’AÉCG.

Québec estime que 60 pour cent des 17 500 tonnes supplémentaires de fromages fins en provenance de l’Union européenne arriveront dans la province.

L’industrie laitière croit que les compensations devraient plutôt osciller dans une fourchette de 750 millions $ à 1 milliard $.

«On dit que l’accord de libre-échange ajoutera annuellement 12 milliards $ au produit intérieur brut canadien (PIB), dit M. Letendre. Notre demande paraît élevée, mais c’est bien peu comparativement au gain réalisé par le Canada.»

M. Letendre a également réitéré sa déception à l’endroit du gouvernement Trudeau, qui, plus d’un an après son arrivée au pouvoir, n’a pas tranché dans le dossier des importations de lait diafiltré.

Considéré comme du lait par l’Agence canadienne des aliments, le lait diafiltré — surtout utilisé dans la fabrication des fromages — est considéré comme un ingrédient à la frontière, ce qui lui permet d’échapper aux tarifs douaniers imposés au lait, oeufs et volailles.

Cette incohérence, dénonce l’industrie, se traduit par une pression injuste sur les producteurs laitiers, qui voient leurs revenus fléchir considérablement.

«Je n’arrive pas à comprendre pourquoi c’est aussi long, a déploré le président des producteurs laitiers. On se fait dire que c’est compliqué par le gouvernement sans se le faire expliquer.»

Affiliés à l’Union des producteurs agricoles, les Producteurs de lait du Québec représentent plus de 5620 fermes laitières de la province, dont les recettes annuelles avoisinent 2,4 milliards $.

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