Rick Bowmer/GETTY

Les médias n’arrêtent pas de prédire sa mort, pourtant la plus célèbre des crypto-monnaies continue de déjouer les pronostics et a même gagné 80% de sa valeur depuis le début de l’année. Voici un aperçu en trois temps de ce qui se passe actuellement sur la planète bitcoin.

Commerce. Selon le site internet coinmarketcap, qui recense la valeur des 709 crypto-monnaies en circulation, 1 bitcoin valait dimanche 731US$. Au cours actuel, cela signifie qu’il y a l’équivalent de 11,7 G$ de bitcoins en circulation dans le monde. Cette monnaie virtuelle, qui n’est gérée par aucune banque centrale, et qui assure à la fois anonymat et transparence des transactions, ne se limite désormais plus aux échanges de drogues et d’armes.

«C’est devenu une sorte de valeur refuge pour certains investisseurs, mais aussi un moyen pour les citoyens et les petites entreprises de transférer de l’argent à l’étranger en évitant les frais de transaction et les taux de change», souligne Julien Mbony, fondateur d’Aleny, une entreprise de consultation sur le bitcoin. À Buenos Aires, l’entreprise Uber a même fait appel à la crypto-monnaie pour contourner le blocage des paiements par cartes de crédit ordonné par les autorités.

Environnement. Miner les 15 992 235 bitcoins en circulation et tenir à jour les registres de transaction qui ne cessent d’augmenter nécessite de faire rouler des milliers d’ordinateurs et de serveurs. À l’échelle mondiale, en 2014, la consommation d’électricité requise pour faire fonctionner le système bitcoin était équivalente à celle de l’Irlande, soit 3GW, d’après des chercheurs de l’Université de Limerick.

Miner des bitcoins dans un petit appartement est quasiment impossible compte tenu du bruit et de la chaleur dégagés par les 10 000$ de matériel informatique nécessaire. Des mineurs québécois ont ainsi songé à utiliser leur matériel pour chauffer une serre de tomates, soulignait lors d’un meeting récent Francis Pouliot, porte-parole de l’Ambassade bitcoin de Montréal, un espace consacré aux crypto-devises situé sur le boulevard Saint-Laurent.

Signe que le mouvement est toujours actif, pas moins de 90 personnes se sont déplacées, mardi dernier, pour assister à des mini conférences sur l’évolution des crypto-monnaies. C’est deux fois plus de spectateurs que pour le troisième débat de la course à la chefferie du parti Projet Montréal. #justsaying

Avenir. Malgré les attaques de hackers, les fraudes de certains propriétaires de plateformes d’échange et les avertissements de l’Autorité des marchés financiers, le bitcoin intéresse indirectement les banques. «En fait, elles s’intéressent surtout aux blockchains, la technologie derrière le système bitcoin. Ça leur permettrait de crypter et d’automatiser toutes leurs opérations de transfert de fonds, ce qui éliminerait beaucoup de paperasserie et de ressources humaines tout en gagnant du temps et en respectant les normes comptables», explique Jean-Philippe Brochu, fondateur de la firme de consultation Québec Blockchain Solutions.

Maintenant qu’on dispose d’un système monétaire indépendant des banques, la prochaine étape, pour les adeptes des crypto-monnaies, consiste à concevoir un modèle boursier parallèle basé sur les fondements du bitcoin, c’est-à-dire bâti par la communauté et indépendant des grandes institutions.

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