Chantal Levesque/Métro Geoffrey Kelley

QUÉBEC — Il faut évaluer dans quelle mesure les femmes autochtones sont victimes d’une forme de racisme systémique de la part des policiers, a convenu jeudi le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Et si tel est le cas, il faut trouver les moyens de l’enrayer, a-t-il commenté en point de presse, après avoir lu le rapport de l’observatrice embauchée par Québec pour s’assurer que le Service de police de la ville de Montréal allait faire son travail en toute impartialité, en enquêtant sur les allégations d’agressions sexuelles déposées par des femmes autochtones de Val-d’Or contre six agents de la Sûreté du Québec.

L’observatrice, Me Fannie Lafontaine, a conclu que le travail des policiers de Montréal avait été accompli de façon intègre et impartiale. Mais elle a ajouté que ce type de problèmes pouvait avoir des racines profondes, et être causé par un racisme systémique envers les autochtones.

Selon Québec, de toute façon, la solution passe par la parole. Le gouvernement du Québec a donc réaffirmé jeudi sa proposition de créer une «table de travail», regroupant des Autochtones, des policiers et des représentants du gouvernement, pour voir comment on pourrait rétablir un climat de confiance entre les communautés autochtones et les policiers.

Une telle offre, présentée en novembre par Québec, avait été aussitôt refusée par les chefs autochtones.

On s’attend à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) annonce vendredi qu’aucun policier visé par ces allégations ne soit accusé.

En tout, près d’une quarantaine de dossiers ont été analysés, puis relayés au DPCP, auquel il revient de porter des accusations ou non. Au total, 32 d’entre eux concernent des incidents qui seraient survenus à Val-d’Or et dans les environs.

«Il faut s’asseoir et trouver des solutions», a plaidé le ministre Kelley, lors d’une mêlée de presse, se disant convaincu «que le meilleur véhicule demeure une table de travail».

Son collègue de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a abondé dans le même sens.

L’important consiste à «rétablir les liens de confiance entre les corps de police et les communautés concernées», a ajouté M. Kelley.

Ce dernier a jugé «très préoccupant» le constat de Mme Lafontaine sur un possible racisme systémique qui serait à l’origine des relations tendues entre femmes autochtones et forces de l’ordre.

«C’est une question qui est très importante. Il faut l’évaluer», a-t-il dit.

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