Chantal Lévesque/Métro Catherine Harel Bourdon

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) recommandera vendredi au ministre québécois de l’Éducation, Sébastien Proulx, d’implanter l’école à plein temps dès l’âge de 4 ans pour les enfants en milieu défavorisé, a appris Métro.

La recommandation fait partie d’un mémoire préparé par la CSDM qui sera présenté au ministre vendredi, durant une rencontre à Montréal dans le cadre des consultations du gouvernement pour élaborer une politique en matière de réussite éducative.

«C’est important que l’élève ait un contact avec le système d’éducation à 4 ans, soit avec la garderie, soit avec le Centre de la petite enfance (CPE) l’école, juge la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon. Ce ne sont pas tous les enfants qui fréquentent les garderies ou les CPE.»

Selon la CSDM, les classes pour enfants de 4 ans serviraient à améliorer les chances d’enfants qui, pour plusieurs raisons, n’ont pas accès à la garderie ou aux CPE, et qui autrement resteraient à la maison. Mme Harel Bourdon, illustre que certains parents ne peuvent pas se permettre un service de garde. D’autres foyers ont un parent à la maison et ne peuvent donc pas justifier une telle dépense, ajoute-t-elle.

Les classes pour enfants de 4 ans amélioreraient la francisation des nouveaux arrivants, permettraient de dépister rapidement des problèmes d’apprentissage ou linguistique et créeraient un lien entre les parents et le système scolaire, avance-t-elle.

«Les études prouvent que si on commence dès 4 ans avec des mesures très ciblées et concrètes de soutien à l’élève, ç’a un impact sur le parcours de l’élève tout au long du primaire», affirme-t-elle.

Les élèves de la CSDM, dont 50% sont allophones, deux tiers proviennent de familles défavorisées et près du quart ont des besoins particuliers, bénéficieraient grandement d’une telle mesure, croit la présidente.

Sur les 125 écoles primaires de la CSDM, 9 offrent des classes à plein temps pour élèves de 4 ans. Certaines classes à temps partiel pour ces élèves sont offertes depuis 1997. «Quand c’est juste une demie journée, ça ne fait pas beaucoup de temps pour la socialisation, l’intervention ou pour détecter des difficultés d’apprentissage ou de langage», explique Mme Harel Bourdon.

La mise en place de classes pour enfants de 4 ans nécessiterait de nouveaux investissements et devrait être mis en place graduellement sur plusieurs années, ajoute-t-elle.

Autres recommandations
Dans son mémoire, la CSDM recommandera au gouvernement de plancher sur l’effet de l’architecture des établissements scolaires sur la réussite des élèves.

Elle recommandera aussi au gouvernement d’améliorer la formation continue pour les enseignants.

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