Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

LIMA, Pérou — L’incertitude planant au-dessus de l’Accord de partenariat transpacifique (PTP) à la suite de la victoire électorale d’un de ses adversaires déclarés, Donald Trump, a fait l’objet des discussions des leaders des douze pays signataires participant au Sommet de coopération économique Asie-Pacifique, l’APEC.

Les discussions ont porté en grande partie sur l’Accord de partenariat transpacifique, qui est menacé de s’écrouler en raison de l’intention manifestée par le président désigné des États-Unis de retirer son pays de l’entente. Au cours de sa campagne à la présidence, M. Trump a qualifié l’Accord de désastreux pour les travailleurs américains et l’économie américaine.

Le président sortant Barack Obama a tenté de rassurer ses collègues, dont le premier ministre Justin Trudeau. Il a dit lors des discussions publiques que son successeur découvrira les vertus des accords commerciaux lorsqu’il sera officiellement au pouvoir.

De son côté, la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, a dit que la position du gouvernement canadien au sujet du PTP n’avait pas changé: la décision de ratifier cette entente appartient au peuple canadien.

«Voici ce que nous pouvons dire aux Canadiens et aux entreprises canadiennes. Primo: c’est important pour le Canada d’avoir une économie ouverte et mondiale, a-t-elle déclaré. Quand il y a une vague de protectionnisme dans plusieurs pays, cela représente un défi pour le Canada et une occasion. C’est une occasion pour dire au monde et aux entreprises internationales que le Canada représente un pays ouvert à l’investissement et ouvert à l’immigration.»

Tous ne partagent pas l’optimisme de la ministre.

Selon Allan Cullham, un ancien ambassadeur canadien à l’Organisation des États américains, le discours protectionniste de M. Trump et le refus de Barack Obama de défendre le PTP au Congrès avant la fin de son mandat ont été «les baisers de la mort» de l’accord.

Toutefois, le directeur général de l’APEC, Allan Bollard, estime que les 11 autres pays peuvent ratifier l’accord et s’y conformer pendant quelques années. «Le PTP est presque ratifié par le Japon. Cela signifie qu’il sera difficile de modifier l’entente. Le PTP peut rester sur les tablettes en attendant qu’un assez grand nombre de pays le ratifient», a-t-il dit.

Mme Freeland a indiqué que le gouvernement a déjà entrepris des négociations commerciales avec plusieurs pays asiatiques, dont la Chine et l’Inde. «Nous avons signé plusieurs pactes pour intensifier les liens commerciaux avec les pays de l’Alliance du Pacifique», a-t-elle dit.

M. Trudeau a aussi rencontré le président vietnamien Tran Dai Quang. Le Vietnam hésite à ratifier le PTP en raison du changement de garde à Washington.

Il a aussi rencontré le président mexicain Enrique Pena Nieto afin de discuter du PTP et de l’avenir de l’Accord du libre-échange nord-américain (ALÉNA). Une réunion avec le président Obama figure aussi à son agenda, dimanche.

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