Josie Desmarais/Archives Métro La présidente de la Fédération des Femmes du Québec, Mélanie Sarazin.

MONTRÉAL — La Fédération des femmes du Québec lance un cri d’alarme: elle devra mettre fin à ses activités si elle n’est pas rapidement soutenue financièrement.

La présidente de la Fédération, Mélanie Sarazin, a interpellé dimanche les deux ordres de gouvernement leur demandant d’assurer un minimum de financement pour leur fonctionnement de base.

Plusieurs personnalités des milieux féministe, communautaire, syndical et universitaire ont donné leur appui à la Fédération, qui célèbre cette année ses cinquante ans. La Fédération des femmes du Québec a été créée en 1966 par Thérèse Casgrain.

Mme Sarazin rappelle que la Fédération a mené de grandes luttes au cours des cinquante dernières années et souhaite poursuivre son engagement pour au moins encore cinquante ans.

La Fédération lancera une campagne de socio-financement entre les 12 et 31 décembre pour amasser jusqu’à 10 000$ afin de pouvoir boucler son année financière.

«Depuis cinq ou six ans, le financement rentre de moins en moins, donc on coupe les postes. Mais ça fait qu’on a moins de travailleuses qui peuvent aller chercher du financement. On arrive devant une situation vraiment catastrophique pour la Fédération», indique Mme Sarazin.

Elle soutient que le travail de la Fédération demeure important dans plusieurs dossiers. «La lutte à la pauvreté, qui affecte les femmes davantage, la lutte à la violence et contre les agressions sexuelles, et tout ce qui se passe avec les femmes autochtones. On a une relation privilégiée avec Femmes autochtones du Québec. Ça n’a pas de bon sens ce qui se passe présentement à Val-d’Or et c’est une de nos principales luttes», a-t-elle souligné en entrevue à La Presse canadienne.

Parmi ses anciennes présidentes, on remarque Françoise David, Céline Signori, Vivian Barbot, Michèle Asselin et Alexa Conradi.

Dimanche, Mme David a exprimé sa profonde inquiétude à l’égard de la situation de la Fédération des femmes du Québec, et a appelé le gouvernement du Québec à agir.

«La Fédération a joué par le passé un rôle majeur dans l’obtention pour les femmes de plusieurs droits. (…) Mon message au gouvernement québécois, qui nous dit toujours qu’il veut appuyer les luttes des femmes, est que ‘si vous êtes sérieux, messieurs, mesdames du gouvernement libéral, et bien il faut aider la Fédération des femmes du Québec à sortir de ce mauvais pas», a dit la députée en entrevue téléphonique, en marge du conseil national de Québec solidaire.

«C’est quand même invraisemblable qu’après des dizaines d’années d’existence, cette fédération en soit rendue à mettre à pied 80 pour cent de son personnel, et connaisse un affaiblissement important alors que les femmes ne cessent de dire que l’égalité n’est pas atteinte, notamment en matière de violences, d’agressions sexuelles, en matière de revenus aussi», a poursuivi Mme David.

Selon le communiqué de la Fédération, l’organisme a dû mettre à pied deux de ses quatre travailleuses au début de l’automne, alors qu’elle en comptait sept permanentes en 2011.

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