Collaboration spéciale

Depuis que Chris Hadfield est à la retraite, il a publié trois livres en trois ans, dont son tout dernier, un joli ouvrage dédié aux enfants, Plus noir que la nuit.

Il a aussi lancé l’album Space Sessions: Songs from a Tin Can, en plus d’avoir voyagé en Arctique, parcouru le monde pour faire des conférences et donné quelques spectacles. Avant ça? Il a été le premier Canadien à marcher dans l’espace. Rencontre avec un ex-astronaute qui a les deux pieds sur Terre.

Depuis votre retour sur Terre en 2013, à la suite d’un voyage de 146 jours dans l’espace, vous avez passé beaucoup de temps à parler de votre expérience. Pourquoi?
Je trouve que j’ai une responsabilité de partager ça, après avoir vécu la vie d’un astronaute, d’avoir eu ce privilège de voir la Terre. Pendant toute ma carrière, pendant plus de 20 ans comme astronaute, j’ai essayé de partager mon expérience le plus possible. Je veux passer le message aux jeunes que de faire une chose presque impossible, c’est possible.

Votre retraite ne semble 
pas très reposante!
Ne rien faire ne m’intéresse 
pas. J’ai pris ma retraite après 35 ans au gouvernement (en juillet 2013), mais je n’ai pas envie d’arrêter. Quand j’étais jeune, j’habitais dans une ferme et dans une ferme il y a toujours du travail à faire. Peut-être que c’est là que j’ai appris ce qu’était la satisfaction du travail bien accompli. J’ai compris que si vous avez vécu des expériences intéressantes, rares et difficiles, vous avez le choix: vous pouvez rester assis dans votre chalet et ne rien faire… ou pas.

Oui, je suis occupé, mais j’aime ce que je fais. Je travaille déjà à un quatrième livre. Je fais des spectacles, je donne des conférences. J’ai fait un voyage en Arctique récemment et j’aimerais faire la même chose ailleurs dans le monde, au Rwanda peut-être, ou au Ghana.

Avez-vous réalisé 
tous vos rêves?
Non! J’ai beaucoup de rêves! C’est nécessaire d’avoir 
des rêves. Je suis ingénieur, astronaute, pilote de chasse, pilote d’essai, musicien, auteur… mais il y a tellement d’autres choses que 
je veux faire. Le monde 
est plein de choses 
que je veux découvrir.

Votre vision des choses sur Terre est-elle différente parce que vous avez vu notre planète autrement, comme très peu l’ont vue?
Avoir été dans l’espace, ça me donne une perspective sans filtre. Toutes les villes, tous les pays, je les ai vus comme un seul endroit. J’ai fait plus de 2600 tours de la Terre, mais sans aucun agenda. Personne ne m’a dit comment je devais voir le monde. Presque toutes les mauvaises décisions qui ont été prises par des dirigeants l’ont été par des gens qui ont une perspective trop locale, une perspective de peur… peur de l’être humain.

Pourquoi vouloir autant vous adresser à votre jeune public?
Si on forge les idées d’un Canadien de six ans, ça lui restera toute sa vie. C’est comme planter une graine en lui. C’est tellement difficile maintenant de changer les idées des adultes, ils ont déjà décidé de beaucoup de choses. Mais les jeunes 
sont pleins d’optimisme, 
d’un désir de savoir, d’un 
désir de faire la différence.

Si vous n’aviez qu’un 
conseil à leur donner, 
lequel serait-ce?
Quand j’étais en Arctique, j’ai pensé à ça. J’écrivais quelques idées et j’en suis venu à cette conclusion: il faut voir, décider et agir. C’est nécessaire. Si vous ne savez pas qu’une chose existe, un problème ou une situation, vous êtes incapable de la régler. Il faut être éduqué, être informé. Quand vous savez qu’il y a un défi, vous vous renseignez et vous allez être capable d’agir, de faire quelque chose. C’est trop facile de rester chez soi et de se dire que ça ne nous touche pas, que c’est trop de problèmes. Il faut avoir le courage d’agir. C’est ça, mon message.

Faire sa part pour le Canada

Chris Hadfield considère qu’il 
a la responsabilité de bien faire paraître le Canada à l’étranger.

  • «Le Canada a un rôle important dans le monde, peut-être plus que jamais, affirme-t-il. Il se doit d’être 
un symbole de succès, 
de prouver qu’être une 
civilisation différente, 
c’est possible.»
  • «J’ai vécu pendant plusieurs années à l’extérieur du Canada et c’est peut-être pourquoi j’ai une perspective différente, une vue de l’extérieur. De mon côté, 
je veux faire partie de tout 
ça, de l’influence qu’a le Canada dans le monde.»

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