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MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, voit «un point tournant» dans l’ouverture exprimée par Québec solidaire, au cours du week-end, quant à des candidatures communes dans le but de battre le gouvernement Couillard, lors des prochaines élections.

Ce sont les membres de Québec solidaire, en conseil national, qui ont ainsi ouvert la porte, dimanche.

Au cours d’une conférence de presse, lundi à Montréal, le chef péquiste a refusé de s’attarder aux divergences de vue entre les deux partis politiques souverainistes, citant au contraire les points de convergence entre eux.

«J’accueille la main tendue qui accueille ma main tendue», a-t-il dit à propos de l’ouverture manifestée par Québec solidaire.

«Pour moi, c’est un point tournant. C’est vraiment un point tournant, parce que nous sommes deux partis différents; nous avons une façon différente de voir les choses. Il n’y aura jamais de fusion entre Québec solidaire et le Parti québécois. On va continuer à avoir des choses très différentes à dire, mais on a un point de convergence important, c’est qu’il faut additionner nos forces pour avoir un vrai changement en 2018», a commenté M. Lisée.

«Le pas qui a été franchi hier (dimanche, par Québec solidaire), il est important. Et ensuite, on va avoir des tests», a-t-il ajouté.

Même sur la question nationale et la tenue d’un éventuel référendum, M. Lisée a soutenu que les positions du Parti québécois et de Québec solidaire n’étaient pas si éloignées que ça. Pourtant, M. Lisée ne veut pas de référendum avant 2022 au moins, alors que Québec solidaire est beaucoup plus pressé.

Interrogé à ce sujet, M. Lisée a soutenu que le programme de Québec solidaire ne mentionnait pas explicitement la tenue d’un référendum dès son premier mandat.

«Faut voir quel est le programme de Québec solidaire. Le programme de Québec solidaire, ce n’est pas un référendum dans un premier mandat. Le programme de Québec solidaire, c’est rassembler une constituante représentative de la nation pour décider de la suite. Dans l’état actuel de l’opinion (publique), ils auraient une constituante dont 75 pour cent ne voudrait pas de référendum», a objecté le chef péquiste.

Pas d’appui de la FTQ

Par ailleurs, interrogé sur les déclarations du président de la FTQ, Daniel Boyer, qui a indiqué dans une entrevue à La Presse canadienne que sa centrale syndicale n’appuierait vraisemblablement pas le PQ lors des prochaines élections, mais concentrerait ses énergies à faire battre le gouvernement libéral, M. Lisée a soutenu que cette position faisait son affaire.

«C’est exactement ce qu’on a souhaité», a soutenu M. Lisée, qui a rapporté avoir rencontré le président de la FTQ et celui de la CSN, Jacques Létourneau, depuis son élection comme chef.

«Le message qu’on (leur) a envoyé, c’est: écoutez, il faut battre les libéraux; il faut battre les libéraux. Nous, on va travailler à additionner les forces pour y arriver. Et vous, on ne vous demande pas d’appuyer le Parti québécois; on vous demande d’appuyer l’addition des forces pour battre les libéraux. Et on sait très bien que dans cette addition de forces, le navire amiral, c’est le Parti québécois et que ça va donner un gouvernement majoritaire du Parti québécois», a résumé M. Lisée.

Dans le passé, la FTQ a déjà appuyé le Parti québécois, mais pas toujours. Un éventuel appui est toujours débattu à l’interne, par une large instance, avant d’être exprimé ou pas. En fait, M. Boyer a indiqué que la FTQ devra faire ce débat en 2018, lorsque l’élection générale sera en vue, mais que si une élection avait lieu demain matin, la FTQ concentrerait plutôt ses énergies à faire battre le gouvernement Couillard, et non à appuyer le PQ directement.

Mais même si la FTQ, forte de ses 600 000 membres et plus, n’appuiera vraisemblablement pas le Parti québécois cette fois-ci, M. Lisée assure qu’il ne s’en offusque pas. «On est content avec une stratégie ‘n’importe qui sauf les fédéralistes de droite’, et les fédéralistes de droite, c’est la CAQ (Coalition avenir Québec) et les libéraux», a-t-il répliqué.

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