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HALIFAX — Une demande de poursuite en action collective soutient que les femmes membres des Forces armées canadiennes subissent une discrimination systémique fondée sur le genre et l’orientation sexuelle, de l’intimidation, du harcèlement et des agressions sexuelles.

La demande en justice contre le gouvernement fédéral a été déposée, lundi, en Cour suprême de la Nouvelle-Écosse.

La plaignante est Glynis Rogers, âgée de 29 ans, ancienne membre des Forces armées en Nouvelle-Écosse, mais si la poursuite est entendue, l’action collective pourrait inclure toute femme faisant valoir des mauvais traitements similaires.

L’avocat Ray Wagner a indiqué que Mme Rogers souffrait de stress post-traumatique et de dépression en raison des expériences vécues au sein de l’armée, et qu’elle avait été éventuellement écartée des rangs.

La demande de poursuite affirme que le Procureur général du Canada peut être tenu responsable des gestes allégués.

Me Wagner a indiqué qu’il faudrait probablement attendre l’année prochaine avant de savoir si la poursuite en action collective sera autorisée.

«Le portrait d’une discrimination sexuelle régulière et endémique, de harcèlement et d’avances sexuelles non désirées contre des femmes est ahurissant, a soutenu Me Wagner. Ces inconduites fréquentes font partie d’une culture troublante et profondément enracinée qu’ont dû subir les femmes dans l’armée. Il est temps de s’y attarder, de reconnaître à quel point cela est mauvais, et de prendre position contre ces comportements.»

Selon la demande de poursuite, Mme Rogers est entrée dans les Forces armées en 2006, et affirme qu’elle a fait l’objet d’une discrimination persistante fondée sur le genre et l’orientation sexuelle, d’intimidation et de harcèlement par des hommes dans l’armée, particulièrement durant l’entraînement.

Elle a soutenu que les femmes se faisaient apostropher par des noms injurieux et traiter comme si elles étaient plus faibles que les hommes et inférieures à eux.

Mme Rogers a dit avoir été agressée sexuellement par un homme sur la base militaire de Borden, en Ontario, en février 2012, ajoutant avoir été réticente à dévoiler l’incident à ses supérieurs.

«Mme Rogers doutait que (ceux-ci) prennent au sérieux sa situation. Elle était au courant que d’autres femmes ayant été agressées sexuellement n’avaient pas rapporté les incidents en raison de craintes similaires de représailles, d’être vues comme des trouble-fête, et d’obtenir une réponse déraisonnable et inadéquate», indique la demande de poursuite.

Le document mentionne qu’elle a éventuellement rapporté les gestes inappropriés à son endroit et que l’homme a été reconnu coupable, avant d’être acquitté en appel.

Un porte-parole a confirmé que les Forces armées avaient été avisées de la poursuite, et a indiqué que le gouvernement déciderait des «prochaines mesures» à prendre.

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