Jacques Boissinot/La Presse Canadienne Sylvie Roy, en 2012.

Par une lettre qu’elle a fait parvenir à La Presse, Nathalie Roy somme le chef caquiste François Legault de cesser d’utiliser la mémoire de sa sœur, la députée Sylvie Roy. «Vous l’utilisez publiquement, ce qui m’oblige à réagir publiquement», écrit Nathalie Roy. Dans sa lettre, Nathalie Roy rappelle «gentiment» que sa sœur était une députée indépendante, et ce, après avoir claqué la porte de la Coalition avenir Québec.

«Dois-je vraiment vous rappeler à quel point vous n’avez pas été tendre à son endroit? Vous êtes tellement conscient des dommages que vous avez faits que, lors de ses funérailles, vous avez vérifié à deux reprises quelle sorte d’accueil vous auriez. Maintenant qu’elle n’est plus, vous l’utilisez en campagne électorale, c’est lamentable», écrit-elle.

Elle ajoute que son «sang se glace» dans ses veines lorsqu’elle lit que le candidat caquiste dans Arthabaska, Éric Lefebvre, se présente comme «l’ami» de la défunte députée.

«J’ai eu le même sentiment lorsque j’ai entendu à la radio que vous lui aviez rendu hommage à votre congrès. Vous n’avez jamais autant parlé d’elle lorsqu’elle était vivante et surtout pas en faisant son éloge, mais maintenant qu’elle n’est plus… vous l’aimez, vous l’encensez».

Nathalie Roy parle de l’opportunisme et du manque de savoir-vivre du chef de la CAQ, l’invitant à plus de «dignité, de décence et d’humanisme». Elle ajoute que le deuil est assez difficile à faire sans avoir à se révolter publiquement du capital politique que la CAQ fait sur le dos de sa sœur.

«Être en politique est tout un métier, écrit-elle encore, mais cela ne donne pas droit aux agissements sans convenance, indécents et sans égard pour en arriver à ses fins.»

La sœur de la disparue se prémunit en admettant qu’elle a publiquement donné son appui au candidat libéral Luc Dastous, précisant qu’on pourrait lui répliquer qu’elle a «parti le bal». «Mais en démocratie, en tant que citoyenne, j’ai le droit de donner mon appui à qui je veux.»

Dans un communiqué de presse diffusé à la fin du mois d’octobre, les libéraux d’Arthabaska s’étaient réjouis d’avoir attiré dans leur camp la «garde rapprochée» de la députée Roy, son adjointe Salma Chouaieb et son conseiller stratégique Éric Vachon.

Encore lundi, en visite dans la circonscription d’Arthabaska, le chef François Legault a dit douter que la députée Roy ait joint les libéraux, ajoutant même qu’elle aurait été plutôt tentée de regagner les rangs de la CAQ.

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus