MONTRÉAL — Après avoir accru le nombre de ses inspections des chantiers de voirie et de génie civil, l’été dernier, la Commission de la construction du Québec s’attaque maintenant au secteur de la finition intérieure.

La CCQ a décidé de lancer un blitz d’inspection dans ce secteur jusqu’au 10 décembre. Le secteur de la finition intérieure inclut les travaux de peinture, de plâtrage et de pose de gypse.

Au cours d’une entrevue, mardi, la CCQ a expliqué que ce secteur de la finition intérieure est reconnu comme un domaine où il se fait beaucoup de travail au noir et où il y a une proportion importante de ce qu’elle appelle de la «non-conformité».

En plus du travail au noir, donc des heures qui ne sont pas déclarées aux autorités, il peut aussi s’agir d’ouvriers qui ne possèdent pas la bonne carte de compétence, du ratio compagnon-apprenti qui n’est pas respecté ou de rémunération de travailleurs à forfait plutôt qu’à l’heure.

Jean-François Pelletier, directeur principal aux opérations, précise que la CCQ a déjà constaté un taux de non-conformité de 34 pour cent dans ce secteur de la finition intérieure, comparativement à un taux de non-conformité de 13 pour cent pour les autres secteurs de l’industrie.

«C’est un taux plus de deux fois, presque trois fois ce qu’on voit ailleurs. Donc, c’est sûr que pour nous, il faut intervenir pour venir s’assurer du respect de notre loi, des règlements et des conventions collectives», a-t-il plaidé.

Le cas des ouvriers payés à forfait plutôt qu’à l’heure semble particulièrement problématique dans ce secteur de la construction. «Ce qu’on voit actuellement, c’est beaucoup de gens qui sont payés au pied carré», alors que les conventions collectives prévoient que les ouvriers sont payés à l’heure, a rapporté M. Pelletier.

Le directeur des opérations invite d’ailleurs les gens à porter plainte s’ils sont au courant de cas de non-conformité.

Il se dit conscient du fait qu’en dévoilant publiquement sa campagne d’inspection, il risque de rendre plus prudents des entrepreneurs potentiellement contrevenants, donc d’en épingler un moins grand nombre.

«Peut-être qu’on aura moins d’effet de surprise dans certains cas, mais ce qu’on vise, ce n’est pas nécessairement de prendre des gens en défaut, mais d’amener les gens à se conformer à la loi, aux règlements et aux conventions collectives. Si la prévention fonctionne, pour nous c’est OK. Ce n’est pas une fin en soi d’émettre des constats d’infraction pour nous», a expliqué M. Pelletier.

Du même souffle, la CCQ procédera à une campagne de sensibilisation dans ce secteur. Elle prévoit rencontrer à ce titre 1200 employeurs et 1200 travailleurs.

Les secteurs de la construction qui seront ciblés par cette campagne sont le résidentiel et le commercial-institutionnel.

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