MONTRÉAL — Bombardier a décroché une entente auprès de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) qui lui permettra de devenir l’exploitant des trois principaux réseaux de trains de banlieue au pays.

L’entreprise québécoise continuera d’assurer la maintenance des 264 voitures et des 41 locomotives de l’AMT, mais à compter du 1er juillet, ce sont ses employés qui se retrouveront aux commandes des trains de banlieue.

Annoncée mardi, cette entente de huit ans assortie d’une option de deux ans est évaluée par Bombardier à 331 millions $. De son côté, l’AMT prévoit une somme de 363 millions $ pour tenir compte de l’inflation sur la durée du contrat et d’éventuels imprévus.

Bombardier (TSX:BBD.B) prévoit embaucher une centaine de personnes pour conduire les trains desservant les six lignes de la grande région de Montréal.

«Nous assurons déjà l’exploitation du réseau de Go Transit à Toronto ainsi que du West Coast Express à Vancouver», a souligné le porte-parole du constructeur d’avions et de trains, Marc-André Lefebvre, au cours d’un entretien téléphonique.

L’entreprise compte actuellement 125 employés à Montréal, quelque 900 en Ontario et une cinquantaine dans l’Ouest du pays affectés à son secteur des services et de la maintenance.

Selon l’AMT, le Canadien National (TSX:CNR), qui assurait la conduite des trains sur les lignes Deux-Montagnes, Mont-Saint-Hilaire et Mascouche, ainsi que le Canadien Pacifique (TSX:CP), en charge des lignes Vaudreuil-Hudson, Candiac et Saint-Jérôme, avaient signifié leur intention de délaisser ces activités il y a environ un an.

«Après réflexion, nous avons estimé que la meilleur stratégie pour nous était de confier l’ensemble des activités à un seul fournisseur», a expliqué une porte-parole de l’agence, Fanie Clément St-Pierre.

L’AMT devra toutefois continuer à communiquer avec les deux sociétés ferroviaires, étant donné qu’elles détiennent certaines des voies ferrées empruntées par ses trains de banlieue.

Mme St-Pierre n’a pas chiffré les économies qui seront réalisées par l’AMT dans le cadre de sa nouvelle entente, affirmant qu’elle correspondait à la «capacité de payer» de l’agence et qu’il y aurait assurément des gains d’efficacité.

Bombardier n’a pas fermé la porte à la possibilité d’embaucher des employés du CN et du CP responsables de l’exploitation du réseau de trains de banlieue de l’Agence.

«Nous allons prendre cela en considération, a dit M. Lefebvre. Les embauches devraient commencer sous peu.»

Environ 60 employés du CN conduisent les trains de l’AMT. Le transporteur ferroviaire n’a pas voulu spéculer sur le sort de ceux qui ne seront pas retenus par Bombardier. De son côté, le CP s’est limité à dire par courriel qu’il comptait assurer une «transition harmonieuse», sans en dire plus.

Ce contrat échelonné sur huit ans pourrait toutefois être modifié en raison du mégaprojet de train électrique piloté par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), puisque la ligne Deux-Montagnes figure dans son circuit de 67 kilomètres.

Mme St-Pierre a d’ailleurs indiqué que l’AMT s’est assurée d’être en mesure de pouvoir revoir l’entente avec Bombardier en raison du projet de Réseau électrique métropolitain (REM), évalué à 5,5 milliards $ et dont la mise en service est prévue en 2020.

«Il y a des clauses dans le contrat, a-t-elle dit. En ayant en tête que la ligne Deux-Montagnes sera utilisée par le REM et plus par les trains de l’AMT, nous nous sommes assurés d’être en mesure de modifier le contrat pour l’ajuster advenant une diminution de la charge de travail.»

Par ailleurs, la décision du gouvernement Couillard de remplacer l’AMT par deux entités ne devrait pas avoir de conséquences sur le contrat décroché par Bombardier, a affirmé Mme St-Pierre.

Entre-temps, l’Agence dit continuer de réviser son appel d’offres pour 24 nouvelles voitures à deux niveaux destinées aux lignes de Candiac, Vaudreuil-Dorion ainsi que Saint-Jérôme. Évoquant entre autres l’échéancier des livraisons, l’AMT avait annulé son appel d’offres initial pour lequel Bombardier était l’unique soumissionnaire.

La multinationale québécoise se dit toujours intéressée à soumissionner si un nouvel appel d’offres est lancé.

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