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Il faut agir ensemble et sur différents fronts pour développer des communautés en santé, croit Julie Lévesque, coordonnatrice générale du Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS), alors que s’amorce à Montréal le 12e colloque francophone international de Villes et villages en santé et des Villes-santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon lapproche des «villes et des villages en santé», il faut miser sur lensemble de la qualité de vie des citoyens pour agir sur la santé?
L’Organisation mondiale de la santé a découvert qu’agir auprès des individus avait ses limites, et que si on misait uniquement sur les médecins, les infirmières et les hôpitaux pour agir sur les déterminants de la santé, les gains étaient relativement limités. Il y a eu une prise de conscience de l’importance d’impliquer les autres partenaires d’autres secteurs, dont le secteur municipal, (élus et gestionnaires), parce qu’ils peuvent créer des environnements favorables à la santé. La question à se poser, c’est comment nos milieux de vie peuvent avoir un impact positif sur notre santé? Ça passe par l’aménagement des parcs, les pistes cyclables, le fait d’offrir des activités culturelles, avoir un emploi. Tout ça contribue à une bonne santé des citoyens.

Est-ce que la synergie nécessaire entre les différents partenaires pour mettre sur pied des projets est difficile à atteindre?
C’est un défi de créer de la synergie entre les humains en général (rires)! Je pense que le principal obstacle et la principale condition de succès est le savoir-être de l’ensemble des acteurs. Il faut écouter le point de vue de l’autre et en tenir compte dans notre façon d’intervenir. Il faut comprendre que l’agir ensemble donne de meilleurs résultats à moyen et à long terme, même si parfois, à court terme, on peut penser que le processus est plus long et plus complexe. Ça demande de la part des élus de se mettre dans un position d’humilité, d’écoute, de laisser un peu de pouvoir aux autres en essayant de voir les avantages plutôt que les inconvénients.

Le colloque réunit des acteurs de milieux ruraux et urbains, du Québec et de linternational. Comment ces villes et ces villages peuvent sinspirer mutuellement, malgré leurs différentes réalités?
Pendant l’événement, tous ces milieux se réunissent et partagent entre eux leurs réalités, leurs stratégies, les leçons qu’ils ont apprises. C’est un peu surprenant, mais à chaque année on retrouve des acteurs de toutes ces municipalités de tailles variées qui échangent et apprennent les unes des autres malgré que la réalité urbaine et la réalité rurale soient extrêmement différentes. En guise d’exemple, dans un événement que nous avions tenu à Rivière-du-Loup, des personnes de quartiers montréalais avaient trouvé des pratiques rurales qui pouvaient les inspirer dans leurs façons d’aborder les processus de participation citoyenne.

Quelles initiatives québécoises seront mises de lavant pendant le colloque?
Un atelier sera présenté pour montrer comment l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce a pris la décision d’intégrer dans toutes ses politiques et ses plans d’action une vision globale de la santé, qui repose sur développement social, le développement économique, le développement durable, le volet écologique et les saines habitudes de vie.

Il y a aussi le projet fantastique du centre multifonctionnel Aux caissons à Sainte-Louise, dans Chaudières-Appalaches. Il y a eu là-bas, avec l’engagement de bénévoles et de responsables municipaux, une mobilisation collective pour la création de ce centre qui permet de maintenir différents services de proximité, comme l’épicerie et la Caisse populaire, dans un contexte de déclin.

Aussi, Gatineau est souvent cité comme exemple de bonne pratique pour sa Commission jeunesse. Ils ont compris que les jeunes citoyens sont des alliés pour ville en santé, et ceux-ci ont une influence auprès du conseil municipal. C’est une autre bonne pratique pour promouvoir une participation citoyenne.

Le sous-titre du colloque est «30 ans daction pour des communautés en santé». Avez-vous noté une évolution des thématiques abordées au fil des années?
On parlait de développement durable il y a une trentaine d’années, mais il n’y avait pas une prise de conscience aussi généralisée de l’urgence d’agir pour protéger la planète. Il y a d’ailleurs, dans le colloque, un atelier sur les animaux et biodiversité urbaine; ce sont des thèmes qu’on ne voyait pas dans des programmes d’il y a 30 ans. L’éco-développement, les villes en transition, ce sont aussi des thématiques émergentes. À moindre échelle, on voyait la préoccupation des saines habitudes de vie il y a 25 ans. Mais avec l’émergence des maladies chroniques, la prise de conscience est devenue assez généralisée sur l’importance d’agir sur la saine alimentation et sur l’activité physique. Les aînés, c’est la même chose. C’est devenu plus important avec les changements démographiques.

Thématiques

Sous le chapeau «Agir ensemble», le colloque réunira des élus, des acteurs des groupes communautaires, de la santé, des citoyens, des écoles, du monde des affaires, entre autres, qui aborderont différents sujets, comme:

  • L’agriculture urbaine;
  • La participation citoyenne;
  • La gouvernance partagée;
  • Le transport actif;
  • La lutte à la pauvreté;
  • Le vieillissement de la population;
  • La petite enfance.

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