OTTAWA — Après la «bullshit», les «niaiseries»: l’opposition néo-démocrate et bloquiste à Ottawa ne mâche pas ses mots pour varloper le ministre fédéral de l’Agriculture, Lawrence MacAulay, et son programme de compensation pour les producteurs et transformateurs laitiers et fromagers.

Le ministre se fait accuser par les deux partis d’avoir accouché d’un plan de transition qu’ils jugent insuffisant pour compenser les pertes qu’essuiera l’industrie québécoise avec l’entrée en vigueur du traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Lors de la période de questions en Chambre, mardi, il a été pris à partie par la porte-parole néo-démocrate en matière d’agriculture, Ruth Ellen Brosseau, qui lui a reproché de dire «des niaiseries» au sujet de ce programme d’une valeur totale de 350 millions $.

L’élue a tenu à revenir sur des propos formulés la veille par le ministre de l’Agriculture en réponse à sa question concernant ce programme, qu’elle juge trop chiche pour l’industrie de la production et de la transformation laitière et fromagère du Québec.

«Les producteurs laitiers de l’Ontario sont très contents», avait lâché Lawrence MacAulay — une réplique qui en avait fait sursauter quelques-uns dans les banquettes du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois.

Un peu plus tard au cours de la même séance en Chambre, le député bloquiste de Mirabel, Simon Marcil, avait aussi interrogé le ministre sur le programme de transition, en réclamant une bonification de celui-ci.

Il n’a cependant pas eu de réponse à sa question, ayant accusé le ministre de dire de la «bullshit» et refusé de se rétracter lorsque le président des Communes, Geoff Regan, lui avait demandé de le faire.

Le ministre MacAulay a réitéré mardi, en mêlée de presse, que le programme concocté par son gouvernement tient compte des points de vue des producteurs et transformateurs laitiers et fromagers des quatre coins du pays, «incluant les agriculteurs du Québec».

Des représentants de l’industrie québécoise ont accueilli avec déception le plan de transition, dont les sommes devront être investies dans l’innovation, la modernisation des opérations ainsi que l’amélioration de la «productivité» et de la «compétitivité».

Le gouvernement du Québec l’a aussi jugé trop peu généreux. Sans chiffrer précisément ses revendications, le premier ministre québécois Philippe Couillard a laissé entendre, la semaine dernière, que la part dévolue au Québec ne suffisait pas.

Invitée à dire si Ottawa était prêt à bonifier le montant rattaché au plan, mardi, la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, s’est contentée de dire «que c’est un très bon programme qui sera efficace pour les producteurs laitiers au Québec et au Canada».

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