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Saviez-vous que même si elle est à la mode depuis quelques années, il est interdit de porter la barbe chez les pompiers? En effet, il en va de leur sécurité.

À Joliette par exemple, le service d’incendie dispose de mousse à raser et de rasoirs à usage unique pour les pompiers arrivant à la caserne et dont la barbe n’est pas fraîchement rasée.

«On en a déjà retourné un pompier d’une intervention parce que sa barbe n’était pas faite», affirme Patrick Saint-Louis, chef de division au Service incendie de la Ville de Joliette.

Une norme de sécurité
En effet, les pompiers doivent se soumettre à un règlement de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail ainsi qu’à la Norme relative au programme de santé et de sécurité du travail dans les services incendie.

Ceux-ci précisent que les travailleurs devant porter un respirateur à surpression ou à pression négative, comme les pompiers lors d’interventions, doivent être bien rasés pour assurer son l’étanchéité.

Le port de ce type d’appareils de protection respiratoire nécessite une étanchéité complète avec la peau de celui qui le porte pour empêcher qu’il respire des gaz toxiques extérieurs et que l’oxygène en sorte

D’ailleurs, à l’École nationale des pompiers du Québec, les futurs pompiers doivent être fraîchement rasés lors de leur examen pratique de qualification professionnelle, faute de quoi ils peuvent être refusés à l’examen.

Une directive claire
«La durée de temps de l’intervention du pompier peut être réduite s’il est en contact avec des gaz toxiques et automatiquement, c’est un problème de santé et de sécurité», affirme Patrick Saint-Louis.

C’est pourquoi le Service incendie de la Ville de Joliette dispose d’une directive claire signée par les employés tant à temps plein qu’à temps partiel pour le port de la barbe.

Pas d’influence de la mode
Selon Patrick Saint-Louis, la mode valorisant le port de la barbe au cours des dernières années ne pose pas de problèmes au sein de son service.

«Ça fait partie de notre métier, on n’a pas le choix, ça fait partie des critères, comme dans les restaurants où les cuisiniers doivent mettre un filet protecteur», affirme-t-il.

À Repentigny, il existe aussi une directive claire quant au port de la barbe, tant pour les 36 pompiers à temps plein que les quatre pompiers à temps partiel, indique le directeur adjoint du Service incendie de la Ville de Repentigny, Marc Rocheleau.

«L’employé doit se présenter au travail fraîchement rasé. Sans étanchéité de l’appareil respiratoire, ça peut être dangereux et aller jusqu’au décès», affirme-t-il.

Le service ne met pas de rasoirs à la disposition des pompiers, mais ceux-ci en ont habituellement le nécessaire dans leur casier pour faire leur toilette, selon Marc Rocheleau.

Si le pompier n’a pas la possibilité de se raser sur place, il peut être renvoyé à la maison pour le faire.

La moustache acceptée
Contrairement à la barbe, la moustache est acceptée à Repentigny. «Pourvu que ça fonctionne avec l’appareil respiratoire», précise Marc Rocheleau.

Au Service de sécurité incendie de la MRC de D’Autray, le port de la moustache est aussi permis, mais celui de la barbe est d’emblée interdit. Le service dispose de sept pompiers à temps plein et de 120 pompiers à temps partiel et la même règle s’applique à tous.

Picots tolérés
Malgré une directive claire empêchant le port de la barbe, les «picots», sont tolérés au Service incendie de la municipalité de Saint-Lin Laurentides, indique son directeur Ronald Bruyère.

«On tolère une barbe de deux jours, mais pas plus. Vu que nos effectifs sont à temps partiel, ce n’est pas évident d’avoir des gars rasés de près tous les jours », affirme-t-il, ajoutant que lui se rase tous les matins. Ronald Bruyère est le seul pompier à temps plein de son service. Il compte sur 28 pompiers à temps partiel. Selon lui, cette tolérance envers la toison faciale ne cause pas de problèmes lors des interventions de son équipe.

Difficile à imposer
Au Service incendie de Saint-Jean-de-Matha et de Sainte-Émilie-de-l’Énergie, il n’existe pas de directive claire contre le port de la barbe.

«Il n’y a aucune politique ou directive qui mentionne que si le gars a une barbe, il n’est pas pompier. Mais c’est clair que ceux qui portent la barbe ne peuvent pas porter l’appareil respiratoire», indique le directeur Jean-François Bruneau. Ce dernier doit composer avec du personnel sur appel, ce qui, selon lui, rend difficile d’imposer le non-port de la barbe en tout temps. «On a de la misère à avoir des pompiers, si on empêche le port de la barbe, ce sera encore plus difficile de recruter des gens», affirme-t-il. Selon lui, deux des 23 pompiers de Saint-Jean-de-Matha et un seul sur 14 à Sainte-Émilie-de-l’Énergie portent actuellement la barbe et Jean-François Bruneau assure que cela ne pose pas de problèmes lors des interventions.

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