MONTRÉAL — S’il faut se réjouir des progrès qui ont été faits ces dernières années en matière d’accès aux traitements du sida et de prévention de la maladie, des intervenants du milieu communautaire martèlent la nécessité, depuis jeudi, de remettre cette lutte à l’avant-plan.

En cette période «charnière» de lutte contre le sida, le directeur adjoint de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA), Michel Morin, estime qu’il est possible d’envisager une fin définitive de l’épidémie de la maladie d’ici les années 2030.

Il s’empresse toutefois d’ajouter que cet objectif ne sera atteint qu’à condition qu’une plus grande mobilisation soit lancée, précisant que le besoin en est urgent.

Le 1er décembre marquait la Journée mondiale du sida.

Des traitements permettent aujourd’hui aux personnes séropositives de réduire grandement leurs risques de transmettre la maladie et d’importants progrès ont été faits en matière de prévention, a-t-il souligné en entrevue à La Presse canadienne.

M. Morin déplore toutefois que l’enjeu «passe en dessous du radar autant du côté des médias, de la culture populaire et, surtout, des bailleurs de fonds».

Le Québec est particulièrement «choyé» avec son système «assez exceptionnel» d’accès aux traitements, a-t-il relevé. Il condamne toutefois que le financement des organismes communautaires voués à la lutte contre le sida n’ait pas augmenté au cours des 15 dernières années.

Des discussions se sont amorcées entre la COCQ-SIDA et la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a indiqué M. Morin. Il doute toutefois de la volonté réelle du gouvernement d’augmenter les ressources allouées à cet effet.

«En ce moment, on n’a pas (eu accès à) une oreille très attentive», a-t-il dit.

Sur la scène internationale, de nombreux États se sont engagés, en septembre, à injecter d’imposantes sommes à l’occasion de la cinquième conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a rappelé le directeur adjoint de la COCQ-SIDA.

«(Ce sont) des milliards promis, mais on apprend que certains pays ne verseront finalement pas (ces) sommes», a-t-il toutefois lancé.

«Je fais partie de ceux qui sont convaincus qu’on a les moyens d’attaquer l’épidémie de manière assez impressionnante, mais je fais partie de ceux qui doutent de la volonté de certains gouvernements de pousser à la roue pour qu’on puisse, dans quelques années, faire une célébration de ce qu’on a réussi à faire.»

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