L’année 2016 a été marquée par la peur, juge Influence Communication dans son bilan de la couverture médiatique publié mardi. Le courtier en information médias estime que jusqu’à 40% des nouvelles rapportées par les médias québécois cette année étaient teintées par ce sentiment d’anxiété.

«Un climat d’inquiétude»

Claude Paris / The Associated Press

Claude Paris / The Associated Press

Les attentats survenus à Bruxelles et à Nice, de même que l’élection de Donald Trump à la présidence américaine et les feux de forêt à Fort McMurray font partie des dix nouvelles les plus médiatisées au Québec en 2016 qui alimentent la peur, d’après Influence Communication. Il faut ajouter à cela la campagne du Brexit, la propagation du virus du Zika et l’ouragan Matthews qui ont aussi eu droit à une attention soutenue des médias. «Les nouvelles dominantes dans l’actualité sont souvent négatives, mais il y a un climat d’inquiétude qui est dominant en 2016 et qui lui est nouveau», a expliqué l’analyste Gabriel Vignola. Depuis 2000, la proportion de ces nouvelles qui suscitent la peur a augmenté de 6,9% à chaque année au Québec. Influence Communication a lancé l’hypothèse que la crise des médias et la montée de la popularité des médias sociaux pourraient être à l’origine de la recrudescence de ces nouvelles qui donnent la chair de poule.

Le président Trump

Evan Vucci / The Associated Press

Evan Vucci / The Associated Press

L’élection du magnat de l’immobilier, Donald Trump, à la présidence américaine aura été sans conteste la nouvelle de l’année au Québec. Cet événement a recueilli un poids médiatique de 35,97%, devenant du même coup la troisième nouvelle la plus médiatisée depuis 2001, après la tragédie de Lac-Mégantic survenue en 2013 (38,93%) et les attentats qui se sont produits à Paris en 2015 (37,82%). «Au Québec, c’est l’inquiétude liée à l’élection de Donald Trump qui a poussé sa médiatisation à ce point et aussi les différents scandales dans lesquels il a été impliqué», a rapporté M. Vignola. Influence Communication a également noté que les médias sociaux ont permis à M. Trump de contourner les médias traditionnels et de partager son message non-conventionnel. Et cela a porté fruit: pas moins de 107,8 millions de tweets ont mentionné le candidat républicain pendant la campagne présidentielle, soit 20% de plus que l’ensemble des gazouillis qui concernaient l’équipe démocrate, ce qui a influencé la couverture médiatique traditionnelle.

Justin Trudeau, le contrepoids

Prime Minister Justin Trudeau participates in a discussion during a luncheon given by the Argentina-Canada Chamber of Commerce, in Buenos Aires, Argentina, on Friday, Nov. 18, 2016. THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

Si la peur était présente dans plusieurs des nouvelles véhiculées en 2016, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a agi en contrepoids à cette tendance. Influence Communication a souligné dans son rapport que M. Trudeau, qui est la personnalité la plus médiatisée au Québec en 2016, s’est démarqué par ses discours positifs, notamment celui tenu devant l’Assemblée des Nations unies en septembre dernier. M. Trudeau a au final recueilli 23% de plus d’attention médiatique que son prédécesseur, Stephen Harper. Les médias étrangers ont également été trois fois plus enclins à faire mention du nouveau premier ministre canadien. «[Justin Trudeau] sait utiliser les outils qui font la force de Donald Trump, en ce sens qu’il sait utiliser les médias sociaux pour faire passer son message qui est diamétralement opposé à celui de Donald Trump», a dit Gabriel Vignola. Au Québec, près de 17,44% de la couverture médiatique entourant M. Trudeau découlait des médias sociaux, contre 19,66% pour les médias étrangers.

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