TC Media - Denis Germain À l'hôpital Charles-LeMoyne, on note un taux de lavage des mains de 46% avant contact avec le patient et de 61% après.

Le lavage des mains du personnel des hôpitaux des Centres intégrés de la santé et des services sociaux (CISSS) Montérégie-Est et Montétégie-Centre est loin d’être systématique lorsqu’il y a contact avec un patient. Cette situation peut mener à la prolifération de bactéries ou d’infections évitables comme le Clostridium difficile, qui peut dans certains cas être mortelle.

Le taux moyen de lavage des mains avant de voir un patient est de 53% dans les hôpitaux Charles-LeMoyne et Pierre-Boucher. Après la visite d’un patient, le taux grimpe à 69%.

Si certaines améliorations sont notables – notamment à l’hôpital Pierre-Boucher, où le taux moyen de lavage des mains avant de voir un patient est passé de 38,3% en 2015 à 60% lors des audits de mai dernier –, il n’en demeure pas moins que l’objectif provincial de 80% est encore loin d’être atteint.

Mesure la plus efficace
Le lavage des mains par les travailleurs de la santé est pourtant la mesure la plus efficace pour interrompre la propagation de bactéries comme le Clostridium difficile et contrôler les infections acquises en milieu hospitalier. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les infections nosocomiales associées aux soins de la santé surviennent en général par le transfert des germes présents sur les mains d’un membre du personnel lorsqu’il touche un patient.

«S’assurer que le personnel se lave les mains est un travail continu et il va toujours falloir continuer à le faire, explique le médecin-conseil en maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de la Montérégie, Dr François Milord. Les audits permettent d’évaluer quelle est la proportion du personnel qui se lave les mains, mais ça permet aussi de sensibiliser et de renforcer l’importance de cette mesure en milieu hospitalier. Il faut toujours répéter qu’il faut se laver les mains et expliquer les différents moments où il faut le faire.»

Travail de sensibilisation
Même si des sanctions ont déjà été imposées dans le passé lors de situations particulières, les CISSS misent davantage sur des stratégies de renforcement positif, notamment des campagnes de sensibilisation.

Par exemple, une formation web a été offerte à tous les employés du CISSS Montérégie-Centre l’an dernier et plusieurs personnes sur les unités de soins ont été formées en prévention et contrôle des infections. Pour s’assurer d’atteindre la cible de 80% imposée par le gouvernement, des lavabos ont notamment été ajoutés lors de rénovations ou de construction, en plus de l’installation de distributrices de produits sans rinçage aux entrées principales, dans les salles d’attente, sur les unités de soins, aux postes des infirmières et à l’entrée des chambres.

Clostridium difficile
Les hôpitaux Charles-LeMoyne et Pierre-Boucher se situent au-dessus de la moyenne québécoise concernant le nombre de cas de Clostridium difficile dans leur établissement. Lors des six dernières périodes comptabilisées, le taux d’incidence de cette infection à Charles-LeMoyne était de 7,3%, comparativement à 6,5% pour la moyenne des établissements de même catégorie.

À l’hôpital Pierre-Boucher, le taux d’infection se situait à 5,4%, par rapport à 4,8% pour la moyenne nationale.

«Ces infections se transmettent plus facilement chez les malades, car ces personnes sont plus fragiles aux infections. Il est impossible de les enrayer complètement, précise le Dr François Milord. Si, à une période donnée, le taux d’incidence augmente, il faut se demander si nous faisons face à une éclosion. Dès que nous dépassons les taux ou que les cas sont reliés entre eux, nous prenons des mesures supplémentaires pour essayer de ramener le taux à la normale.»

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