Les nouvelles de dévastation et de violences provenant d’Alep ces derniers jours peuvent laisser aux Montréalais une impression d’impuissance. Il y a pourtant des moyens d’agir pour aider les Syriens, selon plusieurs intervenants questionnés par Métro jeudi.

Manifester sa solidarité
Une centaine de personnes ont manifesté leur solidarité envers les citoyens d’Alep jeudi matin devant le consulat général russe, à Montréal. Ils dénonçaient notamment le rôle de la Russie, alliée du régime de Bachar el-Assad, dans les opérations militaires qui dévastent Alep-Est.

«Ils disent qu’ils sont en train de viser des terroristes, mais ce qu’on voit sur le terrain, c’est que ce sont des hôpitaux, des boulangeries, des civils qui sont frappés. On est loin, mais on peut les pointer du doigt et dire: “Honte à vous!” a déclaré Faisal Alazem, l’un des organisateurs de la protestation.

Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada, était présente à l’événement. «C’est utile de participer à ce genre de vigiles organisées par la communauté syrienne. Ils ont tellement besoin d’avoir des signes de soutien de la population d’ici comme d’ailleurs», a-t-elle affirmé.

Un autre rassemblement aura lieu dimanche au parc Percy-Walters, au centre-ville, de midi à 13h.

Faire des dons à des organismes
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a aidé à l’évacuation de plus de 1000 civils, dont 300 enfants et au moins 40 blessés, à Alep-Est.

«La trêve tient depuis ce matin [jeudi], a rapporté Krista Armstrong, porte-parole du CICR à Genève. On espère que ça va continuer, parce que des milliers de civils veulent encore quitter la zone. Il faut s’assurer que ça se passe de façon digne. Ils ont besoin de soins médicaux, de soutien psychologique.» Le CICR fait un appel de fonds «Crise en Syrie» pour soutenir ses opérations de secours, ses centres de nutritions et son achat d’équipement médical et de médicaments.

D’autres organismes comme Médecins du Monde, la fondation Karam et l’UNICEF sont également sur le terrain. «Les Montréalais ne sont pas impuissants face à cette tragédie. Ils peuvent nous aider à procurer cette aide d’urgence aux enfants d’Alep et de la Syrie. Dès qu’on donne un peu de sécurité à un enfant, ainsi que la chance d’apprendre et de jouer, il peut se rétablir rapidement. Toutefois, chaque minute compte», a communiqué David Morley, président d’UNICEF Canada.

Appuyer des demandes politiques
Selon Harith Al-Dabbagh, professeur de droit international à l’Université de Montréal, le Canada pourrait en faire plus pour inciter les différentes parties au conflit à négocier. «Une solution négociée est la seule possibilité acceptable. Une solution militaire entraînera des pertes humaines considérables. Avec sa neutralité et sa crédibilité sur la scène internationale, le Canada pourrait jouer une rôle de médiateur entre les belligérants», a-t-il estimé, croyant qu’une solution de compromis serait difficile mais pas impossible.

Amnistie internationale (AI) demande de son côté que des observateurs des Nations unies puissent être déployés en Syrie pour faire état de la situation réelle sur le terrain. «On a déjà documenté des potentiels crimes du gouvernement et des groupes armés. Pour qu’il y ait une reddition de compte, pour que justice soit faite, il faut que des observateurs indépendants fassent toute la lumière là-dessus», a réclamé Mme Vaugrante, invitant les Canadiens à signer la pétition de son organisme à ce sujet.

Plusieurs personnes ont également appelé à favoriser l’accueil d’une quantité supplémentaire de réfugiés syriens au Canada, dont la députée de Québec solidaire Françoise David.

Rappelons qu’il est possible d’écrire à son député pour demander au gouvernement fédéral d’agir d’une façon ou d’une autre.

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