Photo – Reine Côté La Drummondvilloise Carole est très heureuse de côtoyer des hommes et des femmes d'une culture différente de la sienne.

En quittant leur pays, bien des nouveaux arrivants vivent un véritable chamboulement de vie. Bon nombre d’entre eux redécouvrent la paix et la sécurité. Pour cette seconde chance que leur présente la vie, certains n’hésitent pas à renoncer à une carrière passionnante. L’essentiel : offrir un avenir à leur descendance.

En janvier 2016, Kwibe et Antoinette ainsi que leurs cinq enfants débarquaient à l’aéroport Pierre Elliott-Trudeau. En République démocratique du Congo, ils vivaient dans un camp de réfugiés depuis 15 ans, après avoir quitté leur Burundi natal en pleine guerre.

Le Canada leur a ouvert les bras. La tranquillité de Drummondville s’est révélée un véritable cadeau pour cette famille.

Kwibe et sa famille apprécient leur havre de paix. «C’est calme ici», insiste à plusieurs reprises le père de famille, pour qui la sécurité n’est pas un mot vide de sens. Déjà intégrés à leur nouvelle patrie, leurs enfants s’épanouissent.

Depuis leur arrivée, Antoinette et Kwibe vont en classe de francisation. Une fois les rudiments de la langue maitrisés, ils pourront travailler, ce qui les changera radicalement du mode de vie du camp de réfugiés où ils ne pouvaient pas travailler.

Pour les nouveaux arrivants africains, pas toujours évident non plus que vivre au rythme nord-américain. Sur le continent africain, le mot «stress» ne signifie rien.

Les enfants s’y sont sentis à l’aise plus rapidement. Déjà intégrés à leur nouvelle patrie, ils s’épanouissent. Depuis qu’ils vont à l’école régulière, ils se débrouillent fort bien en français et se sont même fait des amis.

Bénévoles au cœur sensible
Les Drummondvilloises Andrée et Odette se sont portées volontaires pour parrainer une famille qui allait débarquer dans leur ville. C’est ainsi qu’elles ont été jumelées à la famille de Kwibe et Antoinette.

Psychologue de métier, Andrée dit s’être sentie interpelée par le drame humanitaire de la Syrie. «Je voulais mettre plus que mon nez dans les journaux. Je voulais être sur le terrain», confiait-elle lors du Noël des nouveaux arrivants, le 9 décembre dernier.

De leur propre aveu, Andrée et Odette ont dû démontrer beaucoup d’ouverture tant le mode de vie de ces Africains n’avait rien à voir avec le leur. Leur mode relationnel, leur façon de vivre, tout tranche avec le mode de vie nord-américain. «Ils n’ont pas le même rythme que nous. Leur relation au temps n’est pas le même», explique Odette, qui est une jeune retraitée.

«Ici, nous sommes un peu plus organisés. Ici, la vie ne se déroule pas sur le mode attente, mais en mode action. Eux, ils ont passé 15 ans dans un camp à attendre quelque chose», insiste Odette, en affichant compréhension et empathie.

Elle avoue avoir dû adopter une attitude d’abandon total, tant les différences culturelles étaient accentuées. Surtout que la famille ne parlait que swahili.

Déterminées à établir un contact avec leur famille africaine, Odette et Andrée se sont mises à la recherche d’un dictionnaire de swahili, qu’elles ont fini par dénicher sur le web. Quelques mois plus tard, elles baragouinaient une série de mots utilitaires de cette langue apparentée à l’arabe.

Enfin loin de la guerre
La Drummondvilloise Carole s’est aussi proposée pour parrainer une famille de nouveaux arrivants. On lui a confié  la famille de Ward Ragarde et Hammed Roa et  leurs deux filles, de 11 et 14 ans. Des Syriens arrivés d’un camp de réfugiés en janvier 2016.

Comme bien d’autres nouveaux arrivants, ils ont été saisis par le calme qui règne à Drummondville. Pour eux, c’est une véritable chance de refaire leur vie. Peut-être aussi d’avoir un troisième enfant. Ward aimerait aussi se remettre à l’enseignement, un métier qu’elle adore.

En 2014, ils s’étaient réfugiés dans un camp libanais à la suite des bombardements ayant touché leur ville. Leur maison avait été saccagée et leur petite fille de 9 ans s’était retrouvée très malade. Au cours des deux années de vie dans ce camp, elle est parvenue à s’occuper en organisant des activités pédagogiques pour l’ONU.

Terminée, la carrière d’avocate
L’Algérienne Sabrina, elle, a tourné le dos à sa carrière d’avocate pour venir vivre au Canada. Pour elle, sa famille comptait plus que tout. Il y avait son mari et ses deux garçons. Elle a choisi de s’expatrier jusqu’au Canada. Elle vit à Drummondville depuis août dernier. Bien qu’elle ait été forcée de quitter une carrière qu’elle aimait, elle ne regrette rien. Assurer un avenir à ses enfants lui importe plus que tout.

Dans son pays, l’instabilité régnait. Le printemps arabe n’a pas tenu ses promesses démocratiques. «Le printemps arabe, ç’a été une illusion», souligne-t-elle d’ailleurs. Les pays du Maghreb, en l’occurrence l’Algérie, vivent des moments de grande incertitude. Et ce n’est pas la première tentative, fait-elle remarquer. Dix ans auparavant, la démocratisation s’était montrée le bout du nez. Sans succès.

Les partis islamistes sont toujours dans le décor, déplore Mme Sabrina. «Ils ont sali l’Islam en s’en servant pour le pouvoir, analyse-t-elle. L’Islam est une religion de paix», fait-elle valoir.

Dans leur nouvelle patrie, plus laïque, elles ont redécouvert le sens du mot «paix». C’est leur cadeau d’accueil.

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