Chantal Levesque/Métro

MONTRÉAL — C’est maintenant au tour des ambulanciers qui sont syndiqués à la FTQ de planifier une grève générale illimitée, et ce, à compter du 19 janvier.

La Fraternité des travailleurs du préhospitalier, section locale 592 de la FTQ, représente quelque 1000 ambulanciers paramédicaux qui travaillent dans plusieurs régions du Québec, notamment en Montérégie, en Gaspésie, en Abitibi.

Les mandats de grève ont été obtenus auprès des membres dans des proportions dépassant les 90 pour cent, parfois même de façon unanime, a indiqué au cours d’une entrevue jeudi David Gagnon, vice-président de la Fraternité.

Les principaux points en litige sont les salaires, l’âge de la retraite et les horaires appelés 7-14, qui obligent à rester en fonction pendant sept jours, 24 heures sur 24, et à répondre aux appels en se rendant de leur domicile à une caserne où est laissée l’ambulance.

Le syndicat demande également que le ministère de la Santé et des Services sociaux se réengage dans les négociations, lui qui s’en est retiré pour déléguer son pouvoir aux entreprises ambulancières.

«Ce qu’on veut, c’est un retour du ministère à la table pour mettre fin à… Ça fait quand même 21 mois qu’on est sans contrat de travail; on s’approche dangereusement du deux ans sans contrat de travail. Pour renouveler un contrat de cinq ans; ça commence presque à être ridicule!» s’est exclamé M. Gagnon.

La Corporation des services d’ambulance du Québec — la partie patronale — a déjà confirmé en entrevue qu’elle se trouvait prise entre l’arbre et l’écorce, entre le ministère et les syndicats.

Le ministère a en effet délégué son pouvoir de négociation aux entreprises ambulancières, mais sans leur donner la totalité des budgets pour les cinq années que doivent durer les contrats de travail. Elles ont donc pu s’engager pour les deux premières années, mais sont dans l’incertitude des budgets dont elles disposeront pour les trois dernières années des conventions collectives.

«Lors de la dernière rencontre avec les employeurs, ils nous ont dit qu’ils n’étaient pas en mesure de nous faire des offres salariales. En ce moment, tout ce qui est normatif a été réglé, c’est-à-dire tout ce qui ne touche pas de nouvelles sommes d’argent, ce qui touche les conditions de travail, les façons de faire», a résumé M. Gagnon.

Si le débrayage est effectivement déclenché dans deux semaines, le 19 janvier, les services essentiels devront être assurés — ce qui limite grandement la marge de manoeuvre des grévistes.

«Beaucoup de cette grève-là va être vécue au niveau de… ça va être des effets administratifs surtout. Mais on peut être surpris», a prévenu M. Gagnon.

Les 3600 ambulanciers syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, quant à eux, tiennent présentement des assemblées générales pour se prononcer sur un second mandat de grève, avec des services essentiels moindres que prévu.

Les premiers mandats de grève avaient été obtenus; ils devaient être exercés dès la mi-décembre. Mais à la dernière minute, au moment de discuter des services essentiels à maintenir devant le tribunal, les syndicats de la FSSS-CSN avaient décidé de changer de stratégie et de revenir devant leurs membres, afin de solliciter un second mandat de grève, en dispensant moins de services essentiels.

Le résultat final de ces derniers coups de sonde doit être connu à la mi-janvier.

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