Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — La ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, affirme avoir donné une «réponse très forte» aux Américains sur la question du bois d’oeuvre et assure que le Canada est «prêt à des négociations réelles» dans ce dossier.

Mais, pour le moment, le litige demeure entre les deux voisins.

Prenant la parole, jeudi, devant 300 convives du Conseil des relations internationales de Montréal, et au cours d’une rencontre avec les médias, après son allocution, la ministre canadienne a défendu le régime forestier québécois, affirmant qu’il était équitable et que les États-Unis devraient le reconnaître.

Elle a toutefois rappelé que traditionnellement, cet enjeu du bois d’oeuvre a été l’objet de tensions entre les deux pays — les Américains prétendant que les Canadiens et les Québécois bénéficient de subventions et cherchant à leur imposer des droits compensatoires.

«Je veux assurer les Canadiens que nous sommes maintenant aux tables de négociations. Mais je dois aussi admettre que l’enjeu du bois d’oeuvre, historiquement, a toujours été un enjeu difficile», a commenté la ministre Freeland.

La ministre devait également rencontrer l’industrie forestière québécoise, qui revendique une aide financière de la part des gouvernements pour tenir le coup, le temps que le litige commercial avec les Américains soit réglé.

Présent lors du discours de la ministre devant le CORIM, le ministre québécois de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a noté que les discussions du Québec avec le gouvernement fédéral pour faire reconnaître le régime québécois et obtenir des garanties de prêts pour l’industrie «se présentent bien», mais qu’il n’y a «pas de décision prise».

Il a rappelé que 60 000 emplois au Québec dépendent de cette industrie et 220 municipalités.

Protectionnisme et accords

Par ailleurs, la ministre Freeland a également abordé la question de l’incertitude qui plane sur les accords commerciaux, à cause de la vague de protectionnisme qui a cours dans certains pays du monde, particulièrement aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump.

«Nous vivons une période extrêmement protectionniste, probablement la plus protectionniste à l’échelle internationale qu’il m’a été donné de voir», a-t-elle opiné.

Malgré tout, elle s’est montrée optimiste quant à l’avenir de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.

«Nous n’y sommes pas encore. On attend encore sa ratification par le Parlement européen, mais l’accord est signé», a-t-elle rappelé.

Elle a toutefois prévenu que l’année 2017 s’annonce comme une année difficile pour tous les pays qui sont partie prenante à des accords de commerce international. «Et c’est vrai aussi pour le Canada», s’est-elle empressée d’ajouter.

Aussi présente lors de l’allocution de la ministre Freeland, la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, s’est attardée à l’avenir de l’accord de libre-échange avec les États-Unis.

«Nous sommes en attente de savoir s’il y aura réouverture de l’accord. Si c’est le cas, ce que nous avons demandé et ce que nous demandons au gouvernement fédéral, c’est d’être partie prenante dès le début des discussions, puisque ces discussions-là vont porter aussi sur des sujets qui touchent les compétences du Québec et des provinces», a plaidé la ministre St-Pierre.

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