THE CANADIAN PRESS Amarjeet Sohi

OTTAWA — Le gouvernement fédéral avait été prévenu il y a des mois que la manne de son fameux programme d’infrastructures pourrait être distribuée beaucoup moins rapidement que ce qu’il aurait souhaité afin de soutenir au plus tôt l’économie.

Une analyse interne présentée en mai dernier au ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi, suggère que le gouvernement a en quelque sorte renoncé à son désir de procéder rapidement dans cet important dossier, afin de laisser aux provinces et territoires le plus de flexibilité possible au cours de la première phase.

En d’autres termes, on comprend que le programme libéral pourrait subir le même sort que celui mis en place par les conservateurs pour stimuler l’économie canadienne après la crise financière de 2008: l’argent tarde à être dépensé et les retombées économiques escomptées se font attendre.

Ce programme d’infrastructures constitue la pierre angulaire de la plateforme économique du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Les documents, obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information, ont été préparés en mai pour le ministre Sohi en vue de sa rencontre avec le vérificateur général, Michael Ferguson. Les hauts fonctionnaires informent M. Sohi que son ministère souhaite communiquer de façon informelle avec les provinces et territoires afin d’identifier rapidement les problèmes qui pourraient retarder la mise en oeuvre des projets.

Les fonctionnaires soutiennent aussi que durant la première phase, Ottawa pourrait concentrer ses efforts sur les travaux de planification, de rénovation et de réparation d’infrastructures, qui nécessitent moins de préparatifs que les grands projets de construction.

Le ministère fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités a jusqu’ici approuvé plus de 800 projets, pour des investissements d’environ 2,4 milliards $.

Le Directeur parlementaire du budget (DPB) estimait cette semaine que le gouvernement Trudeau pourrait ne pas pouvoir dépenser toutes les sommes qu’il devait allouer aux infrastructures dans sa première année de mandat. Le DPB indiquait notamment que les transferts en infrastructures effectués par Transports Canada et par Infrastructure Canada au cours de la première moitié de l’exercice 2016-2017 ont reculé de 100 millions $ par rapport à l’exercice précédent.

Habituellement, les nouveaux programmes d’infrastructures démarrent lentement et ne fonctionnent à plein régime que trois ans après leur lancement — au mieux.

Par ailleurs, les sommes ne sont pas toujours dépensées l’année même où elles ont été budgétées — Ottawa ne rembourse que sur présentation des reçus, parfois produits à la fin du projet. L’analyse soumise au ministre Sohi suggère que la mise en place d’échéances pour la présentation des reçus ne permet pas toujours de «faire sortir l’argent» rapidement, surtout pour les provinces et territoires qui ne disposent pas d’une grande marge de manoeuvre financière ou d’importantes «capacités opératoires».

Ottawa espère que les leçons tirées de la première phase du programme permettront de corriger le tir en vue de la deuxième phase, alors que le gouvernement fédéral projette d’investir des dizaines de milliards de dollars dans de nouvelles infrastructures au pays.

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