Matt Rourke Matt Rourke / The Associated Press

NEW YORK — Facebook lance un projet de journalisme visant à renforcer ses liens avec des organisations médiatiques en les aidant à élargir leurs audiences, à élaborer de nouveaux produits et à promouvoir des nouvelles fiables en cette ère «post-factuelle».

Les tenants et aboutissants précis du projet, qui en est au stade embryonnaire, ne sont pas connus pour l’instant. Facebook envisage toutefois déjà la création de nouveaux modèles de présentation des nouvelles («storytelling»), de publicité et d’abonnement. L’entreprise dit par ailleurs vouloir contribuer à promouvoir la «littératie médiatique» et soutenir les médias locaux.

Le chef de produit du «Washington Post», Dave Merrell, s’est dit très enthousiaste face au projet, ajoutant toutefois que celui-ci n’en est qu’à ses premiers pas.

Le quotidien américain fait partie des groupes de presse qui travailleront avec Facebook. M. Merrell a fait remarquer que «The Washington Post» a déjà collaboré, dans les dernières années, à de nombreux projets avec l’entreprise de Mark Zuckerberg, mais que c’est la première fois qu’il est impliqué dès le stade de développement.

Facebook envisage de commencer à mettre sur les bancs d’essai une nouvelle version d’Instant Articles. Avec cette interface lancée en 2015, Facebook affiche directement du contenu médiatique plutôt que de rediriger les internautes vers des sites de nouvelles externes. Les publications générées par Instant Articles apparaissent donc plus rapidement sur Facebook.

En échange de leur recours à Instant Articles, Facebook verse aux médias qui l’utilisent une part des revenus publicitaires perçus.

Or, les entreprises médiatiques perdent par le fait même une partie de leur capacité à connecter avec leurs lecteurs, à comprendre leurs habitudes de navigation et à les inciter à lire d’autres articles ou à voir des vidéos.

La nouvelle interface d’Instant Articles que Facebook entend mettre de l’avant suggérerait aux internautes plusieurs contenus émanant d’un même média.

Le réseau social pourrait aussi revoir son algorithme qui recommande des articles — que d’autres personnes ont aussi partagés — à ses abonnés.

Ce système automatisé a parfois relayé de prétendus articles de nouvelles impliquant des informations non vérifiées.

Selon le Pew Research Center, plus de 40 pour cent des adultes américains s’informent au moyen de Facebook.

Le lancement de ce projet de journalisme survient par ailleurs un mois après l’annonce par Facebook de mesures visant à freiner la diffusion de fausses nouvelles.

À ce chapitre, la nouvelle initiative comprend également un volet baptisé «News Literacy Project», qui consiste à aider les membres d’une communauté à «obtenir l’information dont ils ont besoin pour prendre des décisions sur les sources en lesquelles (ils peuvent) avoir confiance».

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