DAVOS, Suisse — Si l’incertitude provoquée par l’assermentation imminente du président élu Donald Trump aux États-Unis et la montée du protectionnisme viennent teinter les discussions au Forum économique mondial de Davos, le nouveau ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, est néanmoins convaincu d’avoir rassuré les partenaires commerciaux du Canada.

Depuis son arrivée dans les Alpes suisses en début de semaine — son premier événement international en tant que titulaire de ce portefeuille — M. Champagne a tenu plusieurs rencontres en coulisses, notamment avec ses homologues de l’Inde, de l’Allemagne et de l’Indonésie, afin de vanter l’ouverture du pays en matière de commerce international.

«Le Canada demeure un endroit de stabilité et de prévisibilité et c’est pour cette raison que l’on peut parler d’investissements», a expliqué celui qui se présente comme le «chef du marketing canadien», au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne au Forum économique.

Nommé au Commerce international la semaine dernière lors du remaniement effectué par le premier ministre Justin Trudeau, M. Champagne, qui était secrétaire parlementaire du ministre des Finances Bill Morneau, s’est notamment dit encouragé par le discours prononcé mardi par le président chinois, Xi Jinping, qui a donné le coup d’envoi du Forum en se présentant comme un défenseur de la mondialisation.

En étant capable de conclure un accord de libre-échange avec l’Europe au cours d’une année marquée par la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et le discours protectionniste de M. Trump, qui deviendra vendredi le 45e locataire de la Maison-Blanche, le Canada a attiré l’attention de plusieurs sur la scène mondiale, croit le ministre.

«Les gens sont intéressés, affirme M. Champagne. Dans un moment d’incertitude comme celui que l’on traverse, les gens se demandent où sont les endroits prévisibles. Nous aurons toujours un agenda progressif pour le commerce parce que l’on représente 0,5 pour cent de la population, mais 2,2 pour cent du commerce mondial. L’ouverture des marchés, c’est essentiel pour nous.»

Même si son ministère a été amputé des questions commerciales avec les États-Unis – comme le bois d’oeuvre et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) qui demeurent dans les mains de la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland – M. Champagne a tout de même dû répondre sur les changements à venir au sud de la frontière.

Cela n’est pas un handicap pour autant, affirme M. Champagne, qui s’affaire à rappeler l’importance des relations bilatérales entre les deux pays. Il se plaît entre autres à rappeler que le Canada est le premier partenaire commercial de 35 États américains et que les deux pays transigent pour 2,4 milliards $ en biens quotidiennement.

«Pendant que nous sommes préoccupés par les enjeux aux États-Unis, il ne faut pas délaisser pour autant nos autres partenaires comme l’Europe, les pays d’Amérique du Sud et la Chine, rappelle M. Champagne. (Ne pas avoir les dossiers américains) me permet de faire tout cela.»

Le ministre est également conscient que plusieurs s’interrogent sur sa capacité à faire valoir ses idées dans des dossiers importants pour le Québec comme le renouvellement de l’entente sur le bois d’oeuvre avec les États-Unis.

Sans entrer dans les détails, M. Champagne a affirmé que la défense des intérêts de la province étaient défendus par les «40 députés qui forment le caucus».

«Nous nous sommes entendus, Mme Freeland et moi, pour travailler de concert, a-t-il dit. Nous allons tous y gagner. Elle prend le leadership et moi je suis en appui.»

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