DAVOS, Suisse — En échange d’importants rabais sur l’hydroélectricité, le géant sidérurgique ArcelorMittal investira 500 millions $ au cours des quatre prochaines années dans ses installations sur la Côte-Nord, ce qui se traduira par l’embauche d’une quarantaine de personnes.

Ces sommes devraient permettre d’accroître la productivité des mines de minerai de fer à ciel ouvert exploitées par la multinationale à Fire Lake ainsi qu’à Mont-Wright, près de Fermont, où travaillent quelque 2500 de ses 4000 salariés québécois.

«Cela témoigne comment nous pouvons utiliser notre richesse collective, l’hydroélectricité, pour attirer des investissements chez nous», a expliqué jeudi le premier ministre Philippe Couillard, au cours d’une mêlée de presse, au Forum économique de Davos qui se déroule en Suisse.

Sur quatre ans, ArcelorMittal verra sa facture d’électricité être réduite de 60 millions $ en vertu du rabais octroyé par Québec, étant donné que la société est admissible au rabais du «tarif L» — un tarif pour les grandes entreprises énergivores — annoncé dans le dernier budget pour la réalisation de nouveaux projets. Par la suite, l’entreprise pourrait recevoir un rabais pouvant atteindre 120 millions $ sur quatre autres années si elle effectue d’autres investissements.

S’il a qualifié l’annonce d’«importante» pour le Plan Nord, M. Couillard était seul pour dévoiler les détails. Aucun membre de la direction d’ArcelorMittal n’était sur place, ce qui a compliqué la divulgation de certaines précisions entourant l’investissement.

«Chaque entreprise et chaque dirigeant a son style, a affirmé le premier ministre. Cette entreprise préfère être moins visible. C’est leur choix.»

Pourtant, l’an dernier, lors de l’annonce d’une entente de principe avec le géant minier indien Tata Steel, la haute direction de la multinationale s’était déplacée à Davos dans le cadre d’une conférence de presse.

Au cours d’un entretien téléphonique, un porte-parole d’ArcelorMittal, Paul Wilson, a par la suite précisé que l’entreprise souhaitait doubler la production de minerai à Fire Lake pour qu’elle puisse atteindre, à terme, 15 millions de tonnes par année.

Cela devrait se traduire par une quarantaine d’embauches, a expliqué le porte-parole de la multinationale, ajoutant que le but de l’investissement était de consolider le reste des postes.

M. Couillard, qui avait initialement annoncé qu’il n’y aurait pas de création de postes, ne s’est pas formalisé de cette situation en dépit de la taille de l’investissement.

«Déjà parler de la pérennité des emplois, c’est important, a-t-il dit. S’il n’y a pas d’investissement, qu’est-ce qui arrive à ces emplois? Ils deviennent menacés.»

Sans le rabais sur l’hydroélectricité, il aurait été difficile pour ArcelorMittal d’envisager un tel investissement, a expliqué son porte-parole. La remontée du prix de la tonne du minerai de fer, qui se transige actuellement autour de 80 $ US, a aidé, mais cela n’est pas suffisant, a expliqué M. Wilson.

«C’est un marché qui demeure concurrentiel et il y a beaucoup de surplus sur le marché, a-t-il dit. C’est mieux qu’il y a deux ans, mais ce n’est pas idéal.»

En juin dernier, en plus de suspendre ses projets d’agrandissement à Mont-Wright, ArcelorMittal avait annoncé qu’elle envisageait de cesser ses activités dans la région d’ici 2030, en raison de la baisse du prix du fer et des coûts d’exploitation élevés. Selon M. Wilson, cette affirmation avait été mal interprétée. Selon lui, les investissements annoncés jeudi permettront aux sites de poursuivre leurs activités pendant encore «longtemps».

En début de journée, M. Couillard a rencontré la présidente de la Confédération suisse, Doris Leuthard, afin de signer une déclaration commune de coopération dans les domaines de l’énergie et des changements climatiques. Les deux juridictions s’échangeront notamment des informations dans les secteurs des bâtiments, de l’industrie ainsi que des énergies renouvelables.

Le premier ministre a par ailleurs indiqué que des «négociations formelles» avaient été entamées avec la Suisse afin de conclure une entente sur la reconnaissance des compétences entre le Québec et la Suisse.

«Ce sont des négociations compliquées, mais le processus est lancé», a-t-il affirmé.

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