CALGARY — L’assermentation de Donald Trump en tant que 45e président des États-Unis n’a pas manqué de faire réagir jusqu’au nord de la frontière vendredi.

Le premier ministre Justin Trudeau a félicité son homologue américain par voie de communiqué, rappelant les liens étroits qui unissent leurs deux pays. Il a déclaré que son gouvernement est impatient de travailler avec l’administration Trump «en vue de rétablir la prospérité de la classe moyenne des deux côtés de la frontière et de créer un monde plus sûr et plus pacifique».

Cette approche a été applaudie par l’ancien diplomate Colin Robertson. Il estime que le gouvernement de Justin Trudeau devra souligner le fait que des millions d’emplois américains dépendent du Canada, et que le pays est d’ailleurs le premier partenaire commercial de 35 États.

Le discours d’investiture de M. Trump a toutefois soulevé des inquiétudes du côté de l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP). Son président, Tim McMillan, sonne l’alarme quant au ton protectionniste adopté par le nouvel occupant de la Maison-Blanche.

M. McMillan, qui était présent aux cérémonies d’investiture à Washington, signale que les États-Unis ne gardent pas toujours le Canada à l’esprit lors de l’élaboration de nouvelles politiques. Il croit lui aussi qu’Ottawa devrait rappeler à son plus important partenaire commercial que leurs intérêts coïncident.

Les réserves prouvées de pétrole du Canada sont les troisièmes en importance au monde. Le Canada achemine quotidiennement 3,2 milliards de barils de pétrole brut aux États-Unis, où il en est le principal exportateur. Il s’agit de 42 pour cent des importations pétrolières américaines.

L’ancien ambassadeur canadien aux États-Unis Derek Burney soutient que le gouvernement canadien peut joindre ses forces à celles de la Maison-Blanche sur plusieurs plans.

Il suggère de miser sur la modernisation d’infrastructures communes, comme le réseau électrique canado-américain, ou encore sur la mise en oeuvre du projet de pont Gordie Howe, entre l’Ontario et le Michigan.

M. Burney invite également Ottawa à accroître son financement de l’OTAN, qu’il juge disproportionné par rapport à la celui de Washington — ce que Donald Trump n’a pas manqué de dénoncer au cours de la dernière semaine.

Georganne Burke, partisane de Trump et vice-présidente d’une firme de relations publiques torontoise, insiste sur l’importance de se présenter en tant que «partenaire», plutôt que rival. En ce sens, Mme Burke, qui est elle-même d’origine américaine, croit que Justin Trudeau devrait adoucir son discours en matière de lutte aux changements climatiques.

Par ailleurs, le président de l’ACPP estime qu’il est d’autant plus important de mener à bien les projets de construction ou d’expansion de pipelines tels que ceux de Trans Mountain et d’Énergie Est, afin de frayer la voie à des exportations pétrolières ailleurs dans le monde.

Tim McMillan croit toujours que M. Trump compte donner le feu vert au pipeline Keystone XL. Lors de ses 17 minutes d’allocution, vendredi midi, le 45e président des États-Unis n’a toutefois pas fait mention de ce projet rejeté Barack Obama en 2015, qui acheminerait le sable bitumineux d’Alberta jusqu’aux raffineries de la côte du Golfe.

Un porte-parole de TransCanada a déclaré que l’entreprise compte toujours construire cet oléoduc, mais a refusé de détailler la marche à suivre. La société pétrolière établie à Calgary conteste la décision de M. Obama en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Hormis son engagement à protéger les «emplois américains», M. Trump n’a pas élucidé ses intentions en matière d’économie et d’énergie vendredi, analyse un professeur de l’école de politique publique de l’Université de Calgary.

«On nous laisse avec un paquet de points d’interrogation», a lancé Ron Kneebone.

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