Collaboration spéciale/CDPQ Infra Simulation visuelle de la station Autoroute 13 du REM.

MONTRÉAL — Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a défendu son rapport face aux critiques du promoteur du projet de Réseau électrique métropolitain (REM), CDPQ Infra, qui lui reproche d’avoir fait plusieurs omissions et erreurs et d’avoir déformé des réalités.

Le BAPE a rappelé dans un communiqué transmis lundi en fin d’après-midi qu’il devait travailler avec les informations qui lui sont fournies en temps opportun.

Toutefois, il soutient que la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est maître d’oeuvre du REM, a déposé «d’importants documents» seulement à la mi-décembre, alors que le BAPE venait d’achever son rapport, qui a été remis au ministre de l’Environnement le 22 décembre.

Par voie de communiqué, lundi matin, la CDPQ Infra avait dit avoir déposé au BAPE, de mai à août derniers, 17 documents totalisant 3010 pages. D’août à décembre, 105 documents additionnels auraient été soumis, totalisant 5287 pages.

La CDPQ Infra déplorait ainsi que plus de 1200 pages de documents, en particulier sur les questions environnementales, aient été ignorées dans le rapport que le BAPE a déposé la semaine dernière.

Le promoteur reproche aussi au rapport de comporter des affirmations erronées sur l’état actuel du transport collectif dans la région de Montréal et de brosser un portrait incomplet et déformant des améliorations qu’offrira le REM aux usagers du transport public. Il juge aussi que les craintes du BAPE sur l’hypothétique manque d’intégration du REM aux réseaux existants sont sans fondement.

Vendredi dernier, le premier ministre Philippe Couillard a laissé entendre que le BAPE pourrait avoir outrepassé son mandat en faisant de telles analyses économiques — une critique que le BAPE a rejetée dans son communiqué.

«Le BAPE a pour mission d’éclairer la prise de décision gouvernementale dans une perspective de développement durable, lequel englobe les aspects écologique, social et économique conformément à la Loi sur le développement durable», plaide-t-il.

«Par ailleurs, la Loi sur la qualité de l’environnement et la réglementation demandent au promoteur d’établir la justification ou la raison d’être de son projet, et d’aborder dans son étude d’impact ses dimensions écologiques, sociales et économiques. Il est donc normal que le public et la commission d’enquête abordent ces questions traitées explicitement par le promoteur», ajoute-t-il.

Le Réseau électrique métropolitain, d’une longueur de 67 kilomètres, vise à relier le centre-ville de Montréal, la Rive-Sud, l’Ouest de l’île, la Rive-Nord et l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau par la mise en service d’un système léger sur rail (SLR) automatisé et électrique.

Le premier ministre Couillard a assuré que le projet ira de l’avant malgré le rapport peu reluisant du BAPE.

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