THE CANADIAN PRESS Pierre Paradis

QUÉBEC — La commotion cérébrale dont a été victime l’ex-ministre Pierre Paradis paraît plus sévère que ce qui avait annoncé initialement car il a dû être transféré dans un hôpital montréalais, vendredi, pour y subir des tests plus poussés.

Le député de Brome-Missisquoi, qui fait l’objet d’une enquête policière reliée à des allégations à caractère sexuel, n’a toujours pas pu être interrogé par la Sûreté du Québec, en raison de son état.

Ses médecins ont jugé vendredi qu’il n’était pas en état de s’entretenir avec les policiers, a confirmé vendredi une porte-parole de son bureau de comté.

Ils ont décrété qu’il devait être transféré dans un hôpital doté d’équipements plus sophistiqués, à Montréal, afin de déterminer plus précisément sa condition.

M. Paradis, amateur d’équitation, a fait une chute à cheval au début de la semaine dernière. Mercredi, son cabinet affirmait qu’il avait subi une commotion cérébrale «légère» et que ses médecins lui avaient recommandé de prendre quelques jours de repos.

Dure semaine pour M. Paradis, qui, parallèlement à ses ennuis de santé, a été expulsé du conseil des ministres et du caucus libéral, en raison de l’enquête policière en cours.

Cette enquête policière porterait sur des allégations à caractère sexuel faites par une ancienne employée du ministre Paradis.

Le député de Brome-Missisquoi ne fait cependant l’objet d’aucune accusation.

La plaignante a aussi expédié une lettre au cabinet du premier ministre, mercredi dernier, pour relater sa version des faits et décrire ce qu’elle reprochait à Pierre Paradis.

C’est à partir de ce moment que la décision a été prise d’expulser M. Paradis du cabinet, a indiqué vendredi matin, en point de presse à Montréal, le premier ministre Philippe Couillard.

Le premier ministre soutient avoir agi avec diligence dans ce dossier, contrairement à ce que prétend l’opposition.

«On a agi rapidement, à chaque fois qu’une information devenait disponible», a-t-il soutenu, refusant de révéler quoi que ce soit du contenu de la lettre de la plaignante.

Les trois partis d’opposition n’ont pas tardé à critiquer la façon dont le premier ministre Couillard et son cabinet ont géré la crise ayant mené à l’exclusion, jeudi, de Pierre Paradis du conseil des ministres et du caucus libéral.

Selon l’opposition péquiste, l’équipe parlementaire caquiste et les députés de Québec solidaire, le premier ministre a manqué de transparence au cours de la dernière semaine et doit rendre des comptes à la population pour expliquer ce qui s’est vraiment produit depuis qu’il a été mis au courant des faits.

En point de presse vendredi, la députée péquiste Agnès Maltais a remis en question le jugement et la sensibilité du premier ministre sur les questions de harcèlement sexuel.

Selon elle, les «trous» dans la chronologie des faits sont troublants et «questionnent le jugement du premier ministre, son sens de l’honneur, sa compréhension de la gravité d’une agression sexuelle».

Elle a dit vouloir connaître le fil des événements et lui demande de rendre publique la chronologie des faits survenus entre le 19 janvier, au moment où la police a informé le cabinet de M. Couillard d’un signalement impliquant M. Paradis, et le 26, quand il a su que son ministre faisait l’objet d’une enquête policière.

Mme Maltais se demande aussi pourquoi le dossier est passé des mains du service de police de Québec à la Sûreté du Québec.

De son côté, l’opposition caquiste soupçonne une tentative de camouflage. Elle aussi exhorte le premier ministre à révéler ce qu’il savait et depuis quand.

Mercredi, le cabinet du premier ministre avait publié un communiqué affirmant que les responsabilités de M. Paradis à l’Agriculture étaient temporairement confiées au ministre des Transports, Laurent Lessard. Le motif de ce transfert n’était cependant pas indiqué. On disait aux journalistes de communiquer avec le cabinet de M. Paradis pour en savoir plus.

Vendredi, M. Couillard a admis que c’était en raison des allégations qui pesaient contre son ministre qu’il était intervenu deux jours plus tôt.

Le cabinet de M. Paradis avait expliqué mercredi que ce dernier devait prendre quelques jours de repos, en raison d’une légère commotion cérébrale.

M. Couillard n’a pas dit pourquoi son cabinet n’avait pas contredit M. Paradis sur la véritable raison du transfert de responsabilités.

«Le harcèlement sexuel est inacceptable et la culture d’impunité qui règne à l’Assemblée nationale doit prendre fin», a commenté la députée solidaire Manon Massé.

«La culture du secret au sein du gouvernement libéral doit cesser une fois pour toutes», selon le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette.

Âgé de 66 ans, Pierre Paradis a été élu et réélu député de Brome-Missisquoi depuis 1980.

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