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OTTAWA — L’ex-ministre Stéphane Dion a finalement accepté l’offre d’emploi de Justin Trudeau après plusieurs semaines de réflexion; il deviendra ambassadeur du Canada en Europe.

Le député sortant de Saint-Laurent en a fait l’annonce mardi après-midi, pendant son discours d’adieu, après que son collègue John McCallum eut vendu la mèche sur ses nouvelles fonctions.

«Je suis content que nous restions collègues», a affirmé l’ex-ministre de l’Immigration, qui saluait lui aussi les députés pour la dernière fois avant de s’envoler vers la Chine, où il sera ambassadeur.

M. Dion, qui a fait mine de nier la nouvelle, a finalement confirmé plus tard qu’il sera ambassadeur auprès de l’Union européenne et de l’Allemagne.

Selon le bureau du premier ministre, Stéphane Dion sera le diplomate le plus haut placé en Europe et il partagera son temps entre Berlin et Bruxelles.

Le premier ministre Justin Trudeau a rendu un dernier hommage à M. Dion.

«J’ai appris de sa force, sa sagesse, sa compassion et son ancrage dans les valeurs canadiennes ont enrichi ma vie pas seulement comme leader, mais comme personne», a-t-il affirmé.

«Je suis une meilleure personne en l’ayant comme ami et comme mentor», a-t-il ajouté.

Tous les chefs de partis ont souligné la détermination de M. Dion. Le doyen de la Chambre des communes, le député bloquiste Louis Plamondon, a relaté que ce fervent fédéraliste l’avait aidé à parfaire ses discours.

Stéphane Dion dit avoir refusé une offre d’emploi de l’Université de Montréal, où il avait longtemps enseigné dans son ancienne vie de professeur en science politique.

M. Dion, qui était ministre des Affaires étrangères jusqu’au 10 janvier dernier, a été remplacé par la ministre Chrystia Freeland lors d’un remaniement ministériel. Il avait alors annoncé qu’il quittait la politique active.

Pour ce dernier discours à la Chambre des communes, M. Dion, qui paraissait très ému, a fait une véritable déclaration d’amour au Canada.

Dans son allocution presque poétique, M. Dion a souligné la richesse du Canada, de ses deux langues officielles et de son histoire.

Il en a toutefois profité pour passer quelques messages politiques, dont la nécessité pour un chef de parti de parler les deux langues officielles — une pointe à peine voilée à certains candidats dans la course conservatrice qui ne maîtrisent pas le français.

M. Dion a aussi souligné la nécessité de la clarté référendaire, si un autre plébiscite sur la souveraineté se tenait à l’avenir. Stéphane Dion est le père de la Loi sur la clarté, adoptée en 2000 dans la foulée d’un arrêt de la Cour suprême sur la sécession du Québec, deux ans plus tôt.

Élu pour la première fois en 1997, Stéphane Dion est devenu le porte-étendard de l’unité canadienne avec la Loi sur la clarté.

Sous l’ère Chrétien et Martin, il a dirigé deux ministères — celui des Affaires gouvernementales, puis celui de l’Environnement, avant de prendre la tête du Parti libéral à la surprise de tous en 2006.

Après une défaite cinglante aux élections fédérales de 2008, M. Dion redevient simple député, jusqu’à ce qu’il soit nommé ministre des Affaires étrangères après la victoire des libéraux en 2015.

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