Le gouvernement du Québec a tenté de se faire rassurant concernant les relations avec l’administration de Donald Trump aux États-Unis et a fait état de ses stratégies concernant les accords de libre-échange et le bois d’oeuvre.

Un conseil des ministres spécial s’est tenu à Québec, mardi, pour discuter des défis que représente l’arrivée de Donald Trump et des relations avec l’Europe. Divers intervenants étaient présents, dont Michel Audet, délégué général du Québec à Bruxelles, Jean-Claude Lauzon, délégué général du Québec à New York, et Raymond Chrétien, négociateur en chef dans le dossier du bois d’œuvre.

John Parisella, ex-délégué général du Québec à New York et membre du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), était aussi sur place. Il a fait valoir que les États-Unis et leurs partenaires étaient «à un tweet d’une autre controverse» et qu’il fallait donc que le Québec soit le mieux préparé possible à toute éventualité.

Lors d’un point de presse après le conseil des ministres, M. Chrétien a déclaré que les discussions avaient été «très ouvertes» pour «savoir brutalement et de façon très réelle» la meilleure façon pour le Québec de faire valoir ses intérêts sur le bois d’oeuvre et sur l’ALÉNA.

Le négociateur en chef dans le dossier du bois d’œuvre a dit avoir comme conseils pour Québec et Ottawa d’être «vigilants», d’avoir une stratégie à long terme, mais aussi d’avoir une «grande souplesse et une flexibilité face à un nouveau pouvoir (à Washington) dont on ne connaît pas encore les grandes orientations».

Sans qu’il y ait d’annonces précises, M. Chrétien a souligné l’importance de l’appui que le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec pourraient être prêts à donner à l’industrie forestière québécoise si des droits préliminaires étaient annoncés par l’administration Trump ce printemps.

Québec s’est engagé en décembre à mettre sur pied au besoin un programme de garanties de prêt pour les entreprises touchées par le litige sur le bois d’oeuvre avec les États-Unis, même si le fédéral ne contribuait pas. Mardi, Québec a demandé de nouveau un «signal clair» du gouvernement fédéral qui prendrait aussi la forme d’un programme de garanties de prêt.

L’ALÉNA, Trump et le Mexique

Concernant l’ALÉNA, le Québec a semblé se garder d’évoquer des négociations bilatérales qui feraient fi du Mexique, en hostilité avec M. Trump en raison du mur devant être construit à la frontière et des décrets sur l’immigration.

M. Chrétien a relaté avoir vu à l’origine de cet accord de libre-échange, en tant qu’ambassadeur, le Mexique «sortir de l’orbite sud-américaine». La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a évoqué les milliers d’emplois que l’accord «représentait aussi avec le Mexique».

Questionnée sur les décisions déjà prises par l’administration Trump qui confrontent le Québec et le Canada, Mme St-Pierre a dit que les Québécois voulaient surtout entendre de leur gouvernement comment il entend agir.

«Nous sommes sur le terrain aux États-Unis depuis de nombreuses années, nous avons été très alertes durant la présidentielle. Nous avons eu des échanges avec des États américains, qui sont des partenaires économiques importants», a-t-elle fait valoir.

La ministre a dit qu’il était important d’analyser la situation pour déterminer «comment maintenant nous devons agir». Mme St-Pierre a souligné que les partenaires européens étaient aussi préoccupés et avaient grand besoin du Canada.

«(À l’occasion d’une mission la semaine dernière à Bruxelles), je ne vous cacherai pas que tout le monde nous parlait de l’élection de Trump. Ce que j’ai répondu à ce moment, c’est écoutez, vous avez besoin d’un ami outre-Atlantique, et cet ami, c’est le Canada, avec le Québec. Ça fait aussi partie du discours», a souligné Mme St-Pierre.

M. Audet a rappelé qu’un vote clé se tiendra dans 15 jours au Parlement européen sur la mise en oeuvre provisoire de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG). La commission du commerce international du Parlement européen avait approuvé l’AÉCG la semaine dernière.

«Nos entreprises seront à pied d’oeuvre au cours de l’année 2017 pour commencer à tirer profit de cet accord. On a pu discuter aujourd’hui des scénarios de sortie du Royaume-Uni de l’UE, avec tout ce que ça veut dire comme menaces, mais aussi comme défis pour le Québec et le Canada pour en tirer profit», a-t-il dit.

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