Colin Perkel Colin Perkel / La Presse Canadienne

TORONTO — L’avocat du magazine «Vice» a plaidé lundi en Cour d’appel que le juge qui a ordonné à un journaliste de remettre ses notes à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’avait pas tenu compte de l’«effet dissuasif» qu’aurait cette décision sur les médias et leurs sources d’information.

La GRC a demandé au journaliste Ben Makuch de lui remettre des informations liées aux articles qu’il avait écrits en 2014 sur Farah Shirdon, recherché par la police fédérale depuis 2015 pour répondre à des accusations de crimes liés au terrorisme. Les autorités canadiennes croient que l’homme de Calgary a quitté le pays pour joindre Daech (le groupe armé État islamique) et qu’il aurait proféré des menaces contre le Canada et les États-Unis.

L’avocat du magazine «Vice», Iain MacKinnon, soutient que la GRC «va à la pêche» en demandant les registres d’une application de messagerie internet utilisée par le journaliste pour communiquer avec Farah Shirdon.

En mars 2016, un juge de la Cour supérieure de l’Ontario s’est rangé aux arguments du gouvernement fédéral et a conclu que les informations du magazine «Vice» étaient primordiales pour une enquête policière menée sur «des crimes très graves». Des médias et des groupes de défense des libertés civiles ont porté la cause en appel.

L’avocat MacKinnon a plaidé lundi à Toronto que le juge de première instance n’avait même pas tenu compte de l’«effet dissuasif» que pourrait avoir sa décision, alors que la protection des sources constitue une des pierres angulaires du métier de journaliste — surtout avec des personnes qui ont maille à partir avec l’État.

Mais le juge David Doherty ne semblait pas impressionné par cette plaidoirie, lundi: même si on ordonne à M. Makuch de remettre ses informations, a-t-il dit, personne ne croira que le journaliste travaillait pour la police.

«Ça pourrait quand même avoir un effet dissuasif», a insisté Me Iain MacKinnon.

L’avocat de «Vice» soutient de plus que la police dispose déjà des preuves suffisantes pour juger M. Shirdon, qui avait publié plusieurs messages sur internet.

Le juge Doherty, par contre, rappelle que les messages échangés avec le journaliste Makuch constituent des aveux incriminants, qui seront très précieux pour la police.

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