Paul Chiasson Kevin O'Leary

POINTE-CLAIRE, Qc — Les principaux candidats à la direction du Parti conservateur ont croisé le fer, lundi soir, à Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île de Montréal.

Le débat, qui devait se dérouler dans les deux langues, s’est passé en bonne partie en anglais. Il faut dire que le modérateur, Beryl Wajsman — l’éditeur de l’hebdomadaire montréalais «The Suburban» —, avait prévenu les candidats qu’ils n’étaient pas obligés de faire un usage fréquent de la langue française.

Les projecteurs étaient tournés sur le candidat Kevin O’Leary, qui n’avait pas participé au premier débat en français et qui avait laissé entendre il y a quelque temps qu’il n’avait pas besoin d’apprendre la langue, avant de se raviser.

Dans son allocution au début du débat, M. O’Leary a tenté de rappeler à ses «amis québécois» ses racines dans la province — il est né à Montréal, son fils étudie à McGill et il a une entreprise dans la métropole.

L’homme d’affaires a d’ailleurs tenté de définir «son» Parti conservateur comme un parti ouvert à toutes les cultures, qui appuie la communauté LGBTQ, le droit à l’avortement et la légalisation de la marijuana — ce qui lui a attiré les foudres de la députée Kellie Leitch.

Mme Leitch dit qu’il y a une nette différence entre certains candidats «libéraux», et les autres, les vrais conservateurs, dont elle fait partie. Elle a d’ailleurs plusieurs fois répété sa proposition controversée de filtrer les nouveaux arrivants selon les valeurs canadiennes.

«Les deux tiers des Canadiens sont d’accord avec la politique de bon sens que je propose», a-t-elle insisté.

Steven Blaney, ex-ministre de la Sécurité publique, a affirmé qu’il était en désaccord avec la légalisation de la marijuana, mais il s’est montré ouvert à avoir une «conversation responsable» sur le sujet, ce qui lui a valu des huées de la foule.

M. Blaney a par ailleurs souligné l’importance de conserver la gestion de l’offre, auquel s’oppose l’autre candidat québécois Maxime Bernier, qui a été chaudement applaudi dans son plaidoyer pour abolir ce système.

Les candidats ont aussi été questionnés sur l’équilibre budgétaire.

D’aucunsont souligné l’importance d’équilibrer le budget, mais l’ex-ministre Lisa Raitt a tenu à dire qu’elle ne le ferait pas «sur le dos de personnes qui travaillent fort».

L’ex-ministre Chris Alexander a aussi affirmé qu’il était nécessaire de faire des choix budgétaires, tout en continuant à subventionner certains secteurs. Il a cité l’exemple de Bombardier, qui a reçu un prêt du gouvernement fédéral au grand dam de certains conservateurs, dont Maxime Bernier.

Onze des quatorze candidats conservateurs participaient au débat. Brad Trost et Pierre Lemieux étaient dans la salle, mais ils n’étaient pas sur scène avec leurs collègues apparemment parce qu’il y a eu des problèmes de communication avec les organisateurs de l’événement. M. Trost a fait une apparition en fin de soirée pour une brève déclaration.

Le candidat Deepak Obhrai n’a pas pu être des leurs.

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