Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Aux côtés du président Donald Trump, le premier ministre Justin Trudeau a salué lundi la capacité du Canada à négocier des traités environnementaux avec les États-Unis, tels que… l’accord sur la qualité de l’air de 1991.

Lors de sa visite à Washington, M. Trudeau n’a fait aucune mention, à tout le moins en public, de l’accord international conclu à Paris en 2015 pour combattre les changements climatiques — celui qui avait valu au premier ministre des éloges du président Barack Obama pour sa contribution.

En faisant valoir la coopération entre le Canada et les États-Unis, M. Trudeau a dit lundi que les deux pays avaient «combattu ensemble dans des zones de conflit, et négocié de concert des traités environnementaux, incluant l’accord historique sur la qualité de l’air de 1991».

En plus de cette référence à l’entente sur la qualité de l’air, il y a eu aussi un engagement renouvelé à améliorer la coopération en matière d’énergie dans la région transfrontalière des Grands Lacs et dans des projets énergétiques tels que l’oléoduc Keystone XL.

Toutefois, la minimisation des initiatives contre le réchauffement de la planète a été remarquable comparativement à ce qui avait ressorti des relations de M. Trudeau dans sa première année au pouvoir avec une administration Obama beaucoup plus sensible aux enjeux environnementaux. MM. Trudeau et Obama s’étaient notamment engagés à mettre à l’avant-plan la protection de l’environnement dans les questions reliées à l’Arctique.

Le message environnemental très discret, lundi, n’a pas surpris la chef du Parti vert, Elizabeth May, qui a vu un «bon départ» dans la rencontre entre le premier ministre et M. Trump, particulièrement à la lumière de l’entretien téléphonique acrimonieux du président avec le premier ministre australien Malcolm Turnbull.

«Il y a certainement un langage codé laissant croire que l’action climatique demeure à la table», a dit Mme May.

La chef du Parti vert fédéral a affirmé que le «monde entier» gagnerait à ce que M. Trudeau puisse éventuellement faire admettre à M. Trump les risques du réchauffement de la planète, tout comme il avait fallu plusieurs années à Brian Mulroney pour convaincre Ronald Reagan qu’un traité sur les pluies acides était nécessaire entre les deux pays.

MM. Trudeau et Trump ont parlé d’enjeux environnementaux et énergétiques dans leur déclaration commune.

«La sécurité énergétique, un réseau énergétique puissant et sûr et une infrastructure énergétique robuste et résiliente, qui favorise l’efficacité énergétique dans les deux pays, sont des objectifs importants à nos yeux. Nous travaillons en étroite collaboration sur le plan de l’innovation en matière d’énergie, particulièrement dans le secteur de l’énergie propre», indique-t-elle.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a dit avoir été surprise que l’accord de Paris n’ait pas été mentionné à Washington, «car mon impression était que les changements climatiques constituaient la priorité numéro un de M. Trudeau».

«Apparemment, la question n’a pas été abordée. J’estime qu’il s’agit d’une déception», a dit la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d’affaires étrangères, Hélène Laverdière.

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