QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard se dit rassuré par le ton employé par le président américain Donald Trump, lundi, à propos de la renégociation de l’ALÉNA, mais il promet de demeurer vigilant.

Questionné lundi, à Washington, en marge d’un entretien avec le premier ministre Justin Trudeau, le président américain, reconnu pour ses visées très protectionnistes, a laissé entendre que dans son esprit la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (ALÉNA) devrait entraîner des ajustements mineurs, pour la portion des échanges effectués à la frontière canado-américaine.

Mercredi, lors d’un point de presse tenu à la suite d’un entretien avec le nouveau gouverneur du Vermont, Phil Scott, le premier ministre Couillard a estimé qu’il s’agissait là de propos rassurants.

Mais il a rappelé que depuis l’élection du gouvernement Trump, le Québec avait décidé d’accentuer sa présence aux États-Unis, pour y conserver ses parts de marché, et qu’il n’était pas question de changer de stratégie.

«On soupçonnait que le Canada n’était pas la cible principale des ambitions de révision de M. Trump. Mais de l’entendre parler d’ajustements, c’est pour nous rassurant», a-t-il commenté.

Au sujet d’éventuels ajustements réclamés prochainement par les voisins du sud à l’ALÉNA, M. Couillard a rappelé que le Québec tenait mordicus à conserver le système de gestion de l’offre en agriculture et souhaiterait que le dossier du bois d’oeuvre soit intégré à l’accord. Il a dit s’attendre aussi à ce qu’un volet de la future entente porte sur l’économie numérique.

La gestion de l’offre, «qui pour nous est absolument capitale», a-t-il soutenu, protège le marché des producteurs québécois de lait, d’oeufs et de volaille.

Quoi qu’il arrive, en ces temps d’incertitude économique, le Québec va «demeurer actif» sur le plan des échanges commerciaux avec ses voisins du sud, a-t-il promis, s’engageant «à être très présent aux États-Unis», surtout dans les États de la Nouvelle-Angleterre.

Et le Québec entend bien demeurer vigilant, «même quand cette incertitude va être dissipée», prévient le premier ministre.

Pour augmenter ses chances de conserver son accès privilégié au marché des États-Unis, le gouvernement Couillard a fait appel à l’ex-ambassadeur canadien Raymond Chrétien, dans le dossier du bois d’oeuvre, et plus récemment à l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand, dans celui du libre-échange.

Toujours dans le but de stimuler les échanges commerciaux entre les deux pays, M. Couillard a annoncé mercredi la tenue, en mars à Montréal, d’un événement réunissant les gens d’affaires québécois et ceux de la Nouvelle-Angleterre.

Le premier ministre a pris ses distances des mesures protectionnistes américaines comme le «Buy American Act», réaffirmant sa position en faveur de l’ouverture des marchés.

«L’ouverture des marchés crée l’emploi. La fermeture des marchés détruit l’emploi», a-t-il résumé, ajoutant qu’il était encore trop tôt pour évaluer l’impact sur l’économie québécoise du style d’administration adopté par M. Trump.

Entré en fonctions en janvier, le gouverneur Scott, un républicain qui n’a cependant pas appuyé la candidature de M. Trump, a choisi de faire sa première sortie à l’étranger au Québec.

Il a dit espérer que l’élection de l’administration Trump n’affecterait d’aucune façon «la relation privilégiée que nous avons avec le Québec» sur le plan économique et énergétique. Le Vermont a signé, notamment, un contrat à long terme d’achat d’électricité à Hydro-Québec.

Les échanges commerciaux entre le Québec et le Vermont atteignent 4,5 milliards $.

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