The Associated Press Les opposants à l'accord sont nombreux en Europe.

MONTRÉAL — Approuvé mercredi par le Parlement européen, le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne pourra entrer en vigueur de manière provisoire d’ici son entérinement par les autorités nationales et régionales.

La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, affirme que 95 % de l’Accord économique et commercial global (AECG) peut déjà être mis en oeuvre.

Son entrée en vigueur intégrale requiert cependant l’approbation des 38 Parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne, que la ministre attend d’ailleurs «rapidement». Du côté du Québec, elle avance que le travail «fait en amont» permettra à l’Assemblée nationale d’ouvrir la voie à son application totale d’ici la fin de la session parlementaire.

La ministre St-Pierre, qui a assisté au vote de mercredi, à Strasbourg, en France, fait état d’un «moment historique» qui vient «cimenter» les relations canado-européennes. Elle souligne que si le ton des parlementaires réfractaires, tels que les candidats à la présidence française Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, était «assez acrimonieux», l’AECG a bénéficié d’un appui non négligeable compte tenu de la pression exercée par certains mouvements de résistance citoyenne.

La députée de l’Acadie ne croit pas que le scepticisme à l’égard du libre-échange soit aussi répandu au Québec puisque l’exportation se trouve, à ses yeux, «dans notre ADN».

L’entente a d’ailleurs fait l’objet d’un consensus sur la colline parlementaire, à l’exception de quelques réserves exprimées par Québec solidaire, a-t-elle tenu à souligner.

Mme St-Pierre dit néanmoins se tourner vers un travail de «pédagogie» afin de contrer la «désinformation» et guider les petites et moyennes entreprises vers le marché de 500 millions de consommateurs européens. Elle estime que la création de 16 000 à 20 000 emplois «bien payés» découlera de l’AECG dans la province.

La ministre libérale note que seuls les producteurs fromagers canadiens ont eu à être rassurés, soit par la promesse d’une compensation fédérale pour l’expansion de l’offre de fromages européens.

En entrevue à La Presse canadienne, elle a applaudi la signature d’un accord qu’elle juge «très moderne» et qui pourra servir de modèle de par son souci à l’égard de l’environnement et des travailleurs, de même que son respect des réglementations locales.

«Ça va faire en sorte qu’on va se tourner vers l’Europe davantage, a-t-elle exposé. On est présentement tournés beaucoup plus vers les États-Unis, c’est notre principal marché».

Elle maintient que l’AECG vient «diversifier» les occasions d’affaires du Québec à l’international, bien qu’elle juge que l’incertitude face à l’administration de Donald Trump a été apaisée lors de sa rencontre avec Justin Trudeau, plus tôt cette semaine.

«L’Europe comprend aussi que vis-à-vis la nouvelle administration américaine, l’Europe a besoin d’être unie et forte, a-t-elle lancé. Et l’Europe a compris qu’elle avait besoin d’un ami très solide de l’autre côté de l’Atlantique.»

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