THE CANADIAN PRESS David Landsberg.

VANCOUVER — La proportion de dons organes provenant de donneurs décédés après une surdose de drogue a augmenté en Colombie-Britannique, selon un spécialiste des transplantations.

Le docteur David Landsberg, qui dirige le programme de transplantations rénales dans la province, a révélé qu’en 2017, 25 % des donneurs décédés inscrits dans le programme avaient succombé à une surdose.

Chaque fois qu’il y a un don d’organe, il y a une tragédie, mais c’est une bénédiction pour ceux qui attendent désespérément un organe, a souligné le docteur Landsberg.

Le médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique a déclaré l’état d’urgence il y a dix mois relativement au nombre de morts par surdose de drogue. L’année dernière, 914 personnes sont mortes après avoir consommé des drogues illicites, dont une bonne partie était liée au fentanyl, un puissant opioïde. Des chiffres dévoilés par le bureau du coroner vendredi indiquent que seulement en janvier dernier, 116 personnes ont succombé à une surdose.

La crise a joué un rôle dans le nombre d’organes offerts pour des transplantations, a indiqué David Landsberg. Une partie de cette augmentation peut toutefois s’expliquer aussi par une meilleure coordination de la campagne pour les dons d’organe.

Tous les organes sont testés pour les maladies, mais les receveurs sont tout de même informés avant de se faire greffer que l’organe provient de quelqu’un impliqué dans un comportement «à haut risque», selon le docteur.

«Auparavant, nous aurions évité d’accepter de type de donneurs en raison des inquiétudes sur la transmission de la maladie», a-t-il expliqué.

«Nous sommes aussi préoccupés aujourd’hui que nous l’étions il y a quelques années, mais nous avons de meilleurs systèmes en place pour s’assurer qu’il n’y a pas de maladie active, puis on est apte à l’offrir aux gens de façon sécuritaire», a-t-il ajouté.

James Beckenridge, qui dirige la Société canadienne de transplantation, estime qu’il n’y a aucune différence à transplanter un organe provenant de quelqu’un qui a succombé à une surdose.

«Si vous étiez en train de mourir, qu’on vous disait que vous avez 48 heures à vivre et qu’on vous demandait si vous vouliez un rein de quelqu’un qui fumait du crack mais qui, autrement, est en santé… Bien sûr que vous (le prendriez)», a-t-il soutenu.

Entre 2013 et 2016, le nombre de donneurs qui ont été déclarés positifs quant aux drogues lorsqu’ils sont morts a augmenté d’environ sept pour cent, pour atteindre 22 pour cent. Cela inclut toutes les drogues — pas juste le fentanyl — et ne signifie pas nécessairement que le donneur est mort à la suite d’une surdose.

Une tendance similaire a été observée dans les dernières années aux États-Unis, notamment en Nouvelle-Angleterre.

Une étude menée par le département de la Santé aux États-Unis démontre qu’entre 2012 et 2016, le nombre de transplantations provenant de donneurs qui sont morts d’une «intoxication à la drogue» a plus que doublé, passant de cinq à douze pour cent.

Plus de 25 pour cent des donneurs décédés sont morts d’une intoxication à la drogue dans le nord-est de la région en 2016, comparativement à 12 pour cent en 2012. Cette région couvre le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island.

Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, 2580 transplantations ont été effectuées au Canada en 2015. Plus de 4700 patients attendaient pour une greffe cette même année, alors que 21 autres se sont retirés ou sont décédés en étant sur la liste d’attente.

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