OTTAWA — Les participants à des groupes types mis sur pied par le gouvernement fédéral pour orienter ses politiques en matière d’immigration estimaient l’été dernier que c’est aux Canadiens eux-mêmes de s’assurer que les nouveaux arrivants saisissent bien les valeurs du pays.

Ces valeurs ont été ramenées essentiellement par les participants à l’égalité entre les sexes, à l’équité, au respect des lois et à l’ouverture à la diversité.

Le rapport sur les résultats des cinq groupes de discussion a montré que bon nombre de participants s’interrogeaient sur la capacité du Canada d’appuyer et d’éduquer les nouveaux arrivants sur «nos lois, nos valeurs et une manière générale de faire les choses» pour leur permettre de bien s’intégrer.

«Les participants ne plaçaient pas le fardeau sur les nouveaux arrivants, mais plutôt sur la communauté locale», indique le rapport soumis au ministère de l’Immigration l’automne dernier, mais rendu public seulement cette semaine.

«Plusieurs commentaires étaient reliés au fait que la population hôte a une responsabilité individuelle ou un devoir civique d’être partie prenante du processus de socialisation», ajoute-t-on.

Même lorsqu’il était question des défis de l’immigration, les attitudes étaient généralement positives.

«Les participants estiment aussi fortement que les Canadiens ont une approche distincte de la diversité et une sensibilité particulière à l’ouverture à la différence. À plusieurs reprises, les participants ont comparé le Canada aux États-Unis pour exprimer comment le Canada était « meilleur » en ce qui a trait à l’accueil et au respect des différences», affirme le rapport.

Ces groupes types ont été mis sur pied l’an dernier par le ministère fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté afin de l’aider à établir le seuil d’immigration en 2017.

Les rencontres à Toronto, Montréal, Vancouver, Winnipeg et London, en Ontario, ont eu lieu en juillet et en août. À ce moment, l’approche américaine concernant l’immigration était sous haute surveillance dans le cadre de la campagne présidentielle, mais au Canada, les discussions ne s’attardaient pas encore à la relation entre les nouveaux arrivants et les valeurs canadiennes.

Cette tangente s’est amorcée en septembre, alors que la candidate à la direction du Parti conservateur du Canada Kellie Leitch a proposé de faire passer un «test de valeurs canadiennes» aux nouveaux arrivants avant de les accepter au pays. Ses propos lui ont valu des accusations de puiser dans les mêmes craintes identitaires qui ont contribué à la popularité de Donald Trump aux États-Unis.

La question d’un test des valeurs canadiennes demeure une partie centrale de la campagne de Mme Leitch. La candidate a dévoilé une nouvelle vidéo en fin de semaine qui reprend la proposition.

Le filtrage des immigrants a bel et bien été soulevé durant les discussions des groupes types.

«Bien que certains participants aient cité le filtrage comme un aspect important du processus d’immigration, cela a été fait en ayant en tête d’assurer que l’immigrant ait le « profil recherché » pour le Canada en termes de potentiel d’immigration économique et de la réussite de la réinstallation», indique le document.

«Très peu de participants dans un groupe ou un autre ont identifié la sécurité comme un enjeu ou une crainte relative à l’immigration», a-t-on ajouté.

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